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nov 23

Mes parents viennent d’arriver au Japon depuis la France. Comme d’habitude ils ont pensé à me ramener des vivres. Je suis très gourmand, le chocolat constitue la base de mon alimentation, et autant je suis pleinement satisfait des sucreries que l’on trouve au Japon, autant le chocolat et les bonbons qu’on trouve en France me manquent pas mal. Le foie gras et le fromage à la découpe me font pas mal saliver aussi.

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nov 05

Une nouvelle fois la chaîne de combini 7 eleven sort pour quelques semaines une gamme de produits One Piece, et une nouvelle fois j’ai goûté le bento et tout ce qui portait la marque de Luffy et ses amis pirates.

one-piece-bento

Comme d’habitude chez 7 Eleven c’était très bon mais j’ai tout de même une préférence pour le bento et les buritos sortis en mars de cette année.

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sept 22

Vous l’avez peut-être vu aux infos c’est la période des typhons au Japon. En fait il y a deux périodes des typhons, avant et après l’été. Cette année j’en ai vu 3 ou 4. Le premier a pourri mes vacances à Okinawa en juin, et le dernier a balayé Tokyo hier.

Si vous suivez les informations vous avez sûrement vu les images d’un autre typhon au début du mois qui a fait plusieurs morts et causé beaucoup de dégâts dans certaines parties du Japon. À Tokyo on n’a pas les rivières en crue qui passent devant la porte ni le toit des maisons qui s’envolent mais tout de même pas mal de pluie et de vent. Assez pour que les trains arrêtent de circuler et pour perturber le trafic aérien.

Hier j’ai regardé par la fenêtre de mon salon et en moins de 5 minutes j’ai vu deux personnes tomber de vélo et une troisième, toujours en vélo, se faire stopper net par une rafale qui lui est venue de face. On aurait dit qu’elle venait de s’enfoncer dans les sables mouvants. Je suis sorti de chez moi à deux reprises au plus fort du cyclone et c’est vrai que par moment c’était du sport d’avancer dans la rue. D’ailleurs j’en ai trouvé un de sympa de sport. En vélo il suffit de déplier son parapluie et pour peu que le vent soit dans le bon sens on peut se déplacer sans pédaler, entraîné par le vent. Sans les trombes d’eau et le parapluie qui se retourne toutes les deux minutes ça peut-être amusant.

Mais ce que j’aime bien c’est l’après-typhon. Le matin je pars au boulot très tôt, quand il n’y a encore personne dans les rues et que les éboueurs ne sont pas encore passés. Du coup je peux observer tranquillement la ville telle qu’elle a été chamboulée par le vent. On ne voit pas de choses spectaculaires comme des arbres arrachés, enfin si mais juste aux infos, mais c’est amusant de voir tous les vélos restés dehors couchés sur le sol comme des dominos, les poubelles éparpillées un peu partout, et surtout voir le nombre de cadavres de parapluies.

typhon-japon

typhon-japon

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juin 04

La semaine dernière a commencé avec un peu d’avance la saison des pluies à Tokyo. En japonais on appelle cette période « tsuyu » (梅雨), elle marque l’entrée dans l’été et dure en général tout le mois de juin.

saison-des-pluies-japon

Saison des pluies ne veut pas dire qu’il pleut tous les jours des pluies torrentielles. Aujourd’hui par exemple, comme hier, il fait beau et on voit dans la rue des ombrelles et non des parapluies. Chaque année le tsuyu est plus ou moins marqué et on s’attend en général à avoir environ un jour sur deux de mauvais temps. Le mois de juin n’est donc pas forcement le meilleur moment pour venir à Tokyo bien que certains préfèrent encore cette période à l’été lourd et chaud de la capitale. En tout cas la plus agréable saison (avril et mai) touche à sa fin et à partir de maintenant ça sera pluie ou chaleur.

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mai 08

Aujourd’hui c’était dimanche en famille, direction la mer, à Futtsu, dans la province de Chiba. Et l’attraction de la journée était la pêche au mollusque, on appelle ça « shiohigari » en japonais et c’est une attraction très prisée, surtout par les familles avec des enfants.

C’était ma première expérience du genre au Japon et j’ai eu pas mal de surprises en voyant l’endroit choisi pour l’activité. À environ 100km de Tokyo je m’attendais à un endroit assez calme surtout qu’avec la Golden Week (congé national) il ne devait pas y avoir grand monde. J’ai découvert un endroit petit, surpeuplé et en plus payant. ¥1600 par personne (environ 13€) et pour le prix on ne peut ramener « que » 2kg de mollusques par personne. Je voyais ça comme une activité nature tranquille et je suis tombé dans le truc typiquement japonais, tout organisé et plein de monde. Même les mollusques sont implantés artificiellement.

J’ai eu un peu de mal à m’y mettre mais finalement je me suis pris au jeu et je me suis bien amusé. Il y a deux sortes de mollusques à trouver appelés asari (ne me demandez pas le nom en français) et, plus rares, les hamaguri que l’on connaît sous le nom de palourdes. Il y avait des petits mollusques à la pelle, il suffisait de plonger la main dans l’eau pour en sortir parfois une dizaine, mais les palourdes étaient difficiles à trouver et c’était le but de tout le monde d’en collecter le plus possible.

Au final bonne journée donc qui s’est conclue avec un BBQ. Je repars avec mes premiers coups de soleil de l’année et les ongles en morceau genre Saw mais je conseille de tenter l’expérience si vous en avez l’occasion.

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mar 23

Vivre le séisme et tout ce qui s’en est suivi au Japon a été une expérience, vous pouvez vous en douter, unique et inoubliable. Parmi la foultitude de choses que j’ai vu, entendu ou resenti ces derniers jours certaines m’ont marqué plus que d’autres et voici ce que je pense que je n’oublierai jamais. Dans l’ordre chronologique:

Le séisme

Ou plutôt « les séismes ». Vivant au Japon depuis tout de même un certain temps je suis habitué aux séismes, enfin aux petits séismes. Le séisme qui a frappé le Japon le 11 mars était « un vrai », une chose que l’on oublie pas. Étonnamment il ne m’a pas fait tellement peur, j’étais plutôt curieux et quelque part fasciné. En revanche les répliques qui ont suivies et suivent encore sont plus inquiétantes même si elles n’ont rien à voir en intensité. Je pense que les gens ici sont très loin de vivre dans la peur mais tout le monde a prit conscience que les gros séismes existent aussi. À chaque secousse on se demande un peu si elle ne va pas devenir plus grande, ou si une ville à l’autre bout du pays n’a pas été ravagée.

Les premières images à la télé

Les trois premières heures qui ont suivi le tremblement de terre je n’aurais jamais imaginé l’ampleur des dégâts causés dans le nord du pays. Ce n’est qu’arrivé à la gare après le travail que j’ai vu les premières images de vagues géantes qui emportaient tout sur leur passage. Je regardais la dévastation au milieu d’une foule silencieuse dans laquelle personne n’arrivait à détacher ses yeux de l’écran. Alors que dans les moments qui ont suivi le séisme j’étais excité d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel j’ai réalisé que des gens qui vivaient dans le même pays étaient confrontés à l’horreur et ça a été un petit choc. En un instant on prend conscience de plein de choses et on se sent comme lié avec les gens qui vivent la tragédie.

La traversée de Tokyo à pied

Privé de train le soir du tremblement de terre j’ai dû rentrer chez moi à pied comme des centaines de milliers de personnes. Voir les rues de Tokyo envahies par la foule, les trottoirs plein de monde et toutes les voitures à l’arrêt, et un souvenir unique. Tout le monde marchait dans la même direction avec les mêmes pensées en tête. On voyait des gens avec des casques ou des kits de survie et les cabines téléphoniques retrouvaient une utilité soudaine devant la saturation des réseaux de téléphone portable. La scène était vraiment surréaliste.

La télévision française

Comme tout le monde j’ai cherché le plus d’informations possible sur le séisme, les tsunami et le problème à la centrale nucléaire de Fukushima. J’ai été énormément déçu par la qualité des nouvelles françaises, à la télé d’abord mais aussi sur les grands sites de news sur internet. Toutes les images et tous les articles, du moins la majorité, présentaient une vision faussée des évènements et cherchaient visiblement à montrer uniquement le pire de chaque situation. Je n’étais déjà pas un grand fan des news française avant. J’avais entre autre connu un scénario un peu identique en 2008 quand j’habitais en Chine durant la période des manifestations anti-français. Les images qu’on voyait à la télé laissaient supposer que les français se faisaient lyncher dans la rue et j’avais même penser un temps à dire que j’étais canadien, suisse ou belge, mais j’ai finalement décidé de garder mon identité et les gens ont toujours été chaleureux avec moi partout ou j’allais, même à Pékin le coeur des soi-disantes protestations.
Cette fois les médias ont poussé le vice encore plus loin en jouant toujours plus sur le sentiment de peur et en décrivant des scènes, particulièrement à Tokyo, que je ne reconnais pas du tout et qui sont même carrément à l’opposé de la vérité dans certains cas.
Ça me déçoit énormément pour être honnête. Avec toute la technologie actuelle et le désire d’être informé des gens qui est plus grand que jamais tout le monde devrait pouvoir accéder à une information juste et de qualité.

Le départ des français

J’ai été assez étonné de voir le retour en France ou le départ dans le sud du Japon d’autant de français et d’étrangers en général. J’en veux particulièrement aux médias français et à l’ambassade de France d’avoir créer un climat de pression extrême sur les expatriés. Je ne pense pas que les japonais soient choqués de voir le départ des étrangers. Ils auraient certainement fait pareil dans un autre pays si la situation est inversée et je pense que tout le monde peut comprendre que l’on cherche à mettre sa famille à l’abri ou à s’éloigner du danger pour rassurer ses proches. Mais même si, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, je comprends très bien les personnes qui sont parties j’aurais aimé que les français ne cèdent pas à la panique aussi facilement et aussi rapidement. Quand on vit à l’étranger on essaye, en tout cas j’essaye, de donner une bonne image de son pays et on est fier quand la France fait parler d’elle de façon positive. Certe, vu de France le gouvernement français a peut-être rassuré certaines personnes en montrant qu’il avait les moyens de réagir en cas de crise et en montrant qu’il veut protéger chaque français même à l’étranger. Mais ici j’imagine que la réaction du gouvernement et des expatriés est surtout vue comme excéssive par beaucoup de monde.

Je le répète je ne pense pas que les japonais gardent une certaines rancoeur du départ précipité des étrangers mais celui-ci a tout de même été remarqué. Cette semaine dans le quartier français, une cliente de l’endroit où je travaille s’étonnait de voir encore un français ici et m’a fait part de sa pensé sur un ton plutôt amusé. J’aurais préféré qu’elle s’étonne plutôt de voir beaucoup de français rester. Les japonais ont réussi à montrer au monde entier qu’ils peuvent être fier d’être japonais, j’espère que, des des conditions moins dramatiques évidemment, les français pourront aussi un jour montrer aux autres qu’ils savent avoir les bonnes réactions au bon moment.

Les insultes aux expatriés

Alors qu’on est dans une période où les gens devraient comprendre que l’entraide, le sang-froid et la réflexion sont les meilleurs armes pour affronter un problème j’ai été parfois choqué de voir la réaction de certains internautes sur les sites francophones et particulièrement les insultes à l’encontre des expatriés au Japon. Certains étaient insultés parce qu’ils partaient, d’autres parce qu’ils restaient ou encore parce qu’ils exprimaient un point de vue différent de l’état d’esprit général. Heureusement ces messages se perdaient un peu un milieu des très nombreux messages de soutien et très honnêtement je ne suis pas si étonné d’avoir lu ce genre de réactions à droite et à gauche. Là encore je suis surtout déçu de l’espèce humaine si je peux dire ça comme ça. J’ai hâte que l’homme atteigne un nouveau stade d’évolution, de confort, ou d’éducation, ou il essayera par nature de comprendre son prochain plutôt que de l’insulter.

Saitama Super Arena

Alors que des dizaines ou centaines de milliers se retrouvent sans logement dans le nord-est du Japon des centaines ont trouvé refuge au Super Arena de Saitama, un genre de stade couvert. Je me suis rendu sur place avec ma femme pour voir si je pouvais aider en accueillant une famille chez moi durant un certain temps. Chose qui n’a pas été possible car les personnes vont être relogées ailleurs dans quelques jours, on ne sait par encore dans quelles conditions, et les responsables préfèrent qu’elles restent toutes au même endroit pour le moment. C’est plus facile pour les contacter, diffuser l’information, les déplacer etc.
J’ai réalisé plusieurs choses sur place. C’est la première fois que je voyais une scène de ce genre avec des centaines de personnes qui vivaient dans les couloirs de l’énorme complexe, et se genre d’expérience aide vraiment à prendre conscience de ce qui se passe. On se retrouve confronté aux images que l’on voit à la télé et la catastrophe prend un sens plus réel, plus personnel.
Cependant même si j’ai été touché, je n’ai pas été bouleversé ou choqué, j’ai même était plutôt rassuré. Je m’explique. Quand on voit les images à la télé on s’imagine le pire. Et souvent c’est pire. Je me rappelle avoir traversé le Sichuan, en Chine, juste après le grand tremblement de terre de 2008. Voir les montagnes coupées en deux sur des centaines de kilomètres et les villages totalement détruit remplacés par des camps de tentes étaient une image extrêmement frappante en vrai. À Saitama au contraire j’ai trouvé un endroit plutôt chaleureux. J’ai d’abord remarqué des cartons partout. Les couvertures et la nourriture arrivent abondamment si bien qu’on voit même des panneaux « ne donnez plus » car les volontaires ne savent plus quoi faire de ce qu’ils reçoivent. Les volontaires entre parenthèse qui étaient très nombreux et comptaient parmi eux quelques étrangers blancs. Chaque famille avait réussi à aménager son petit espace privé avec de petits murs (environ 70cm de haut) fait de carton. Les enfants avaient des jouets et s’amusaient entre eux, la nourriture et la boisson étaient en « libre service » pour les petits encas, et je crois que deux repas chauds étaient servis par jour. Des téléphones et ordinateurs étaient aussi à disposition. Et ce qui me paraissait le plus important c’est que l’endroit était bien chauffé et très calme.

Bien sûr je ne dis pas que les gens vivaient bien, souvent ils ont tout perdu et ils sont sûrement pour beaucoup dans le pire moment de leur vie. Ce qui m’a rassuré c’est la capacité d’organiser un espace vivable pour les gens aussi bien, le nombre de volontaires plutôt impressionnant et surtout le calme des gens. Mais malheureusement je pense que les victimes dans le nord du pays ne connaissent pas un hébergement aussi « confortable ».

Même la situation sur la prise en charge des victimes m’a un peu rassuré je sais que le plus gros reste à faire et que c’est à partir de maintenant que l’argent va être nécessaire pour permettre aux gens de reconstruire leur vie. C’est pourquoi je fais de petits dons régulièrement et je vous engage, si le coeur vous en dit, de faire de même si vous le pouvez. Le site de la Croix Rouge est un bon endroit pour ça.

Interview pour la télévision

Enfin la dernière chose dont je me rappellerai certainement, plus personnelle, est le fait d’avoir été interviewé pour une chaîne nationale à Akihabara. C’était ma première expérience devant une caméra. Les journalistes voulaient connaître le point de vue des étrangers sur la situation au Japon et l’image du Japon vu de l’extérieur. J’ai répondu à une bonne douzaine de questions pendant peut-être 10 minutes et en admettant que mon intervention passe à la télé je me demande bien quelle partie ils vont garder. Et j’espère que sur un sujet aussi sérieux je ne vais pas avoir l’air trop con ou un bout de salade coincé entre les dents.

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mar 19

Rien de neuf aujourd’hui. Il y a de grandes chances pour qu’aujourd’hui soit mon dernier rapport quotidien sur la situation à Tokyo car depuis quelques jours déjà il ne se passe rien et je répète presque la même chose tous les soirs. Je vais continuer à vous tenir informer occasionnellement – demain j’espère pouvoir aller prendre des photos de différents quartiers de Tokyo – mais vraiment il n’y a plus grand chose à dire sur ce qui se passe ici.

Même si l’on voit encore des rayons un peu vides de temps en temps on ne manque de rien dans les combini et les supermarchés. Les gens vont toujours travailler normalement et aujourd’hui, samedi, on pouvait voir pas mal de monde faire du shopping.

Comme chaque soir on a eu le droit à notre grosse réplique quotidienne, 6.1 de magnitude cette fois. Le train qui passait en bas de chez moi c’est arrêté aussitôt et à l’intérieur personne n’a levé le nez de son livre ou de sa console de jeu.

À Fukushima les choses n’ont pas l’air de changer beaucoup non plus, mais en tout cas ça ne s’empire pas.

Rien d’autre.

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mar 18

Panique à Tokyo! Les rues de la ville sont désertes et seuls les camions militaires sont autorisés à circuler pour ramasser les corps de ceux qui n’ont pas eu la force d’échapper au nuage radioactif, souvent morts de faim à cause de la pénurie de Ramen Cup dans les combini.

—————————-

Maintenant les vraies nouvelles de Tokyo. Tout est toujours normal dans les rues, les gens vont travailler, les enfants vont à l’école et la situation dans les magasins est de nouveau normale. Il manque toujours quelques petites choses en rayon mais on peut de nouveau acheter des nouilles instantanées et de l’eau. La limitation sur l’achat de bouteilles d’eau est passée de 2 à 6 bouteilles par personnes mais étant donné le nombre assez faible de clients je ne sais pas si c’est toujours nécessaire. Je soir j’ai fait des petites courses et je n’ai pas attendu une seule seconde aux caisses. J’aurais aimé aller prendre des photos de quelques quartiers de la ville pour vous montrer que rien de change mais le problème reste le transport. Les trains roulent et sont à l’heure mais comme certaines lignes sont coupées à cause des coupures d’électricités chaque train est toujours plus bondé que d’habitude et ça rend les déplacement pénibles. J’irais sûrement me balader un peu dimanche pour tâter l’atmosphère dans les différents quartiers de la capitale. En attendant je n’ai rien remarqué d’anormal dans le quartier de Kagurasaka où je travaille. Il y a toujours autant de gens dans la rue et tous les magasins sont ouverts. Même constat près de chez moi. La salle d’arcade près de ma station de train était même pleine de monde ce qui montre à quel point les japonais ne s’inquiètent pas. À moins que depuis 3 jours je ne fasse la navette entre deux quartiers dans lesquels les gens sont de purs optimistes qui vivent sur des arcs en ciel en sucre je ne vois pas vraiment la différence entre le Tokyo d’aujourd’hui et celui d’avant le tremblement de terre.

J’ai resenti une petite secousse tout à l’heure en arrivant chez moi mais rien avant ça, ce qui confirme de plus en plus que les répliques sont surtout remarquées en hauteur (j’habite au 3e étage, l’équivalent du 2e en France) et passent inaperçue au niveau du sol.

Je ne sais pas où en est le problème de l’essence et s’il faut toujours faire des heures de queue avant de pouvoir faire le plein. Je dis « le plein » mais je crois que l’essence est rationnée également. J’imagine que ça ne c’est pas réglé en l’espace d’une nuit.

La situation à la centrale nucléaire n’a pas l’air d’avoir changé depuis hier, du moins pas en mal. J’ai même noté quelques petites touches d’optimisme dans les articles en français que j’ai lu sur internet tout à l’heure. Jusqu’à maintenant tout ce qui a été rejeté de la centrale a été balayé vers l’océan par le vent.

Du côté de victimes même si on sait depuis quelques jours déjà qu’il y aura plus de 10 000 morts on a été capable de confirmer le décès de plus de 6500 personnes aujourd’hui (donc on a certainement retrouvé plus de 6500 corps) et les médias annoncent officiellement que le séisme de la semaine dernière a fait plus de victimes que celui de Kobe en 1995. Le décompte n’est pas près de s’arrêter, plus de 10 000 personnes sont encore portées disparues.

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mar 17

Aujourd’hui il fait très froid. Les derniers jours on sentait le printemps arriver sur la capitale du Japon mais depuis ce matin on a l’impression que Tokyo a replongé au coeur de l’hiver. J’ai une pensé pour les personnes dans le nord du pays sans logement, et j’espère aussi que la consommation d’énergie due au chauffage ne va pas créer de difficultés supplémentaires sur le réseau électrique.

En rentrant du travail ce soir j’ai rapidement vu dans les nouvelles que la situation à la centrale n’avait pas l’air d’avoir beaucoup évolué depuis hier. À Tokyo en tout cas on est loin de la panique et on aurait même du mal à voir une ville plus normale s’il n’y avait pas les coupures d’électricités dans certains quartiers pour économiser l’énergie et les problèmes que ça engendre dans les transports. Il y a toujours beaucoup de monde dans les wagons de trains et de métro, et à part le matin très tôt on a toujours l’impression d’être à l’heure de pointe.

La situation dans les supermarchés est presque revenue à la normale. Le nombre de clients n’est pas inhabituel aux caisses et on a de nouveau des produits frais (pain, bento, onigiri…) dans les combini. Au 7 Eleven on peut même de nouveau acheter le fameux bento One Piece dont je vous avez déjà parlé. L’eau en grande bouteille est toujours rare dans les rayons mais on en trouve tout de même et ce qui paraît le plus inquiétant aujourd’hui c’est le délai d’attente aux pompes qui peut monter jusqu’à 3h ou 4h.

Côté secousses, à moins que je n’en ressente une avant de valider cet article comme d’habitude, RAS depuis ce matin. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas mais certainement qu’il y en a moins. Entre parenthèse je pense savoir pourquoi je ressens moins de secousses dans la journée que le soir quand j’écris sur le blog. C’est certainement que j’habite au 3e étage et je dois simplement mieux percevoir les secousses avec le balancement de mon immeuble que sur mon lieu de travail ou dans les transports.

Malgré les gros titres et les infos alarmantes que vous voyez certainement sur le net ou à la télé à Tokyo tout est calme. Je ne connais personne qui se soit éloigné de la capitale que ça soit dans mon cercle de connaissances personnel ou professionnel. Dans la rue on ne voit personne charger sa voiture pour fuir le plus loin possible, et les trains sont remplis de gens qui vont au travail et non de gens qui se rendent à l’aéroport.

Comme chaque soir je vais continuer à suivre l’évolution de la situation à la centrale de Fukushima mais ça ne va pas m’empêcher de dormir.

———

Bon… pour changer une grosse secousse vient de se faire sentir. Cette fois une dizaine de secondes après que je ne valide l’article. Mon portable et celui de ma femme se sont mis en mode alerte et à peine 2 ou 3 secondes plus tard on a eu droit à une bonne secousse d’une vingtaine de secondes. La réplique venait de Chiba, à côté de chez nous, avec une magnitude de 5.8. On a eu les détails aux infos en même temps que la secousse avait lieu.

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mar 16

Malgré le titre cette nouvelle est plutôt rassurante. Ce matin je suis allé faire des courses dans un supermarché de mon quartier, à Tokyo, et j’ai pu acheté tout ce dont j’avais besoin. Même si les rayons n’étaient pas plein on trouvait pour la première fois en 3 jours de l’eau en bouteille, des oeufs et des nouilles instantanées. La raison est la mise en place d’une politique de rationnement des supermarchés. Chaque personne ne peut acheter que deux bouteilles d’eau ou thé, une douzaine d’oeufs, est 9 rations de riz « micro-onde ». Il y avait aussi du pain et des bentos à volonté. L’eau et les nouilles instantanées étaient en rayon mais en très faible quantité. Les gens sont très nombreux dans les supermarchés, peut-être 5 à 10 fois plus nombreux qu’un jour de travail habituel. Pour autant les gens n’achètent pas de grosses quantité et 9 clients sur 10 resortent avec des paniers à moitié vide. Notez aussi que les prix n’ont augmenté nul part à Tokyo à ma connaissance et il y a même des promotions dans les supermarchés. Pour changer des images de rayons vides qui circulent sur le net en ce moment je vais vous montrer les rayons qui sont pleins .

seisme-supermarche-japon-2011

Rayon fruits et légumes plein à craquer

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Salades et bento à volonté

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Pas de problème pour trouver du pain frais

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Plus d'eau mais de la bière en veux-tu en voilà!

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Le poisson frais et les sashimi ne manquent pas non plus

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Assez de "riz micro-onde" pour tout le monde mais achats limités à 3 pack par personne.

seisme-supermarche-japon-2011

Exceptionnellement la queue aux caisses pouvait faire jusqu'à près de 10minutes (c'est rare au Japon). Remarquez les paniers à moitié vide de gens pas très inquiets de manquer.

seisme-supermarche-japon-2011

Mon panier était l'un des seuls à être plein. Plein de chocolats et bonbons pour la boutique du site...

Special Thanks à Franck B. qui m’a envoyé deux nouveaux logos pour les photos du site dont un spécial tremblement de terre.

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