Des baguettes à 18’000 Euros
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Des baguettes à 18’000 Euros

Aujourd’hui à Ginza, un quartier chic de Tokyo, j’ai découvert un super magasin spécialisé dans les baguettes. Et à l’intérieur j’ai eu la surprise d’y trouver un coffret contenant deux paires de baguettes d’une valeur approximative de 2’000’000 yens soit environ 18’500 €. Je parle d’une valeur approximative car ce coffret n’est pas en vente mais simplement en exposition.

Les baguettes ainsi que le coffret sont fait en bois très finement sculpté et recouvert d’or.

Baguettes

Au Japon on lave ses poubelles
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Au Japon on lave ses poubelles

recyclage Je ne sais pas comment ça se passe en France en ce moment mais quand j’y habitais il y environ 7 ans le recyclage était quasiment inexistant. À part la collecte des journaux et les containers à verre il n’y avait pas grand chose. Puis j’ai déménagé au Canada et je me suis rendu compte que le recyclage à la maison et dans les endroits publics ça existait. Mais c’est finalement au Japon que j’ai vu ce qu’était le vrai recyclage.

Pour vous donner une idée de la complexité du système de recyclage au Japon, sur mon frigo j’ai 3 feuilles format A3 qui expliquent le tri des déchets et les jours de collecte. Imaginez. J’ai une poubelle classique ainsi qu’une poubelle pour le plastique (les emballages marqués « Pura »). J’ai également un poubelle pour les bouteilles en plastique et le polystyrène et une poubelle pour les objets qu’on ne peut pas brûler (piles, métal etc.). Évidemment je tri aussi le papier que je prends soin de séparer des cartons. Voilà pour le quotidien. Exceptionnellement bien sûr il y a aussi le ramassage des objets en cuir, en bois, des habits, et quelques autres.

Mais si vous croyez que c’est si facile vous faites erreur. Imaginez. Vous venez de finir votre bouteille de Coca. Qu’allez vous faire? La jeter dans la poubelle pour les bouteilles? Erreur! Premièrement il faut enlever la bande plastique autour de la bouteille ainsi que la capsule qui iront dans la poubelle plastique. Ensuite il faudra rincer la bouteille et enfin on pourra la trier dans la poubelle bouteilles en plastique et polystyrène. Prenez maintenant une brique de lait. Ça se tri avec le carton bien sûr! Stop malheureux! Une brique en carton déjà ça se rince, puis ça se découpe pour obtenir un carton plat, et enfin ça se tri avec les bouteilles en plastique et le polystyrène (Ah le piège!). Évidemment le plastique ce lave aussi. On le met à sécher avec la vaisselle et quand c’est sec, hop, poubelle. Qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour sauver la planète.

Et si vous trouvez ça compliqué, essayer de retenir le jour de ramassage des différentes ordures.

Les produits français au Japon
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Les produits français au Japon

Le mois dernier près du Tokyo Dôme j’ai fait le tour d’un supermarché spécialisé dans les produits étrangers. Ce genre de supermarché n’est pas rare au Japon mais celui-ci était particulièrement grand avec un rayon fromage digne des supermarchés français (enfin presque). Le point commun à tous ces supermarchés est le prix, très cher, des produits importés.

produits français au japon

Lorsque l’on habite au Japon depuis un certain temps et qu’on est français, on a beau aimer la cuisine japonaise, on apprécie de plus en plus la cuisine française ainsi que la plupart des produits que l’on trouve dans les rayons des supermarchés de l’hexagone. Un supermarché comme celui-ci fait donc plaisir, mais on a du mal à remplir son panier quand on pense à la facture finale. Les produits qui viennent de France où d’ailleurs dans le monde sont encore trop rares au Japon. Ils sont importés en petite quantité et coûtent donc assez cher.

J’ai relevé le prix et pris en photos quelques produits, en fait tous les produits français que j’ai vu plus quelques autres européens (Nutella, chocolat et bonbons).

Bilan:

– Camembert Président (250g) : Plus de 8€ en promo et 10€ au tarif normal
– Bouteille de Contrex 1.5L: 2€ (1.50€ pour l’Evian et 1.70€ pour la Volvic)
– Bouteille de vin français: entre 15€ et 50€ en promotion
– Champagne Moët et Chandon: 36€ après 20% de réduction
– Moutarde Maille: 4€ le pot de 210g
– Nutella (400g): 6.30€
– Haribo (250g): 5€
– Coeur de Lion (200g): 9€
– Cornichons Maille (220g): 8.40€
– Tablette de chocolat Milka (100g): 3.30€
– Petits Écoliers de Lu: 3.40€
– Pim’s de Lu: 3.60€ en promotion

Je n’ai plus vraiment idée des prix en France avec toutes les augmentations mais les prix japonais me paraissent bien cher. Non?

Jour 2 après le tremblement de terre (midi)
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Jour 2 après le tremblement de terre (midi)

Aujourd’hui il fait beau, une vraie journée de printemps. Les trains passent de nouveau régulièrement et les hélicoptères ont cessé de tourner au dessus de Tokyo. Dans la capitale tout semble revenu à la normale. Sauf que.

Les secousses n’ont pas cessées. Elles sont un peu moins fréquentes qu’hier mais aussi forte, voir même plus fortes par moment.

L’alerte au tsunami n’a pas été levée mais les dangers semblent assez faibles à présent. Maintenant tout le monde craint que le premier tremblement de terre en engendre un second aussi dévastateur à cause de l’instabilité des plaques tectoniques. Plus encore tout le monde a le regard tourné vers la centrale nucléaire de Fukushima qui a en partie explosé. Les japonais semblent gérer le problème parfaitement bien mais ça n’empêche pas qu’un nuage radioactif se soit échappé de la centrale. Pour l’instant et pour les jours à venir il se dirige vers l’océan pacifique et les autorités se veulent rassurantes.

La population commence tout de même à s’inquiéter et tout le monde commence à faire des provisions dans les supermarchés. Beaucoup de produits commencent à manquer avec en premier lieu les bouteilles d’eau.

L’ambassade de France conseille aux personnes de boire de l’eau en bouteille et d’éviter de sortir ou d’aérer son logement dans les prochains jours.

De mon côté je ne suis pas vraiment inquiet mais par prudence on a préparé des sacs à dos hier avec ma femme au cas ou il se produirait quelque chose à Tokyo. À la télé les victimes du tremblement de terre de Kobe en 1995 disaient que c’est l’argent liquide qui leur avait manqué le plus. On a donc rassemblé un peu d’argent, nos papiers et prévu des sacs de couchage et des médicaments. On a aussi pensé aux choses utiles comme des piles et des vêtements chauds car les nuits sont encore très froides, et j’ai emballé mes disques durs externes et mon matériel photo.

Toutes les batteries de téléphones ou d’appareils photos sont chargées à bloc. Non pas qu’on s’attende à une catastrophe dans les heures à venir mais avec les problèmes dans les centrales nucléaires l’électricité de Tokyo pourrait être redirigée en partie vers les zones qui en ont plus besoin. On s’attend donc à des coupures dans les jours à venir mais pour l’instant tout fonctionne à merveille. En attendant on a coupé le chauffage depuis deux jours en réponse aux nombreux e-mails qu’on a reçu nous demandant de faire attention à notre consommation.

Le problème de la centrale nucléaire est plus inquiétant. Comme tout le monde nous commençons doucement à faire des provisions en pensant d’abord à la boisson. Faute de trouver de l’eau on s’est rabattu sur le thé et le jus de fruit. Pour le moment on a une bonne semaine de provisions devant nous, voire deux, et on va continuer à stocker petit à petit.
Ce matin j’ai reçu un message de mes parents me disant de sauter dans un avion avec ma belle-famille en direction de la France si le problème s’aggrave. Heureusement on en est pas encore là.

Certains m’ont demandé comment faire des dons pour le Japon mais je n’en ai aucune idée pour ce qui est de l’étranger. Désolé. Ici on peut faire des dons grâce à nos téléphones portables.

Les systèmes de mesure
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Les systèmes de mesure

Quand on voyage on doit souvent s’adapter à des systèmes de mesure ou de quantification différents. En plus de devoir s’habituer à la monnaie on se trouve parfois dans des situations où l’on doit faire des conversions qui liquéfient la cervelle. Convertir des kilomètres en miles passe encore, comprendre une altitude en pieds ça peut aller, acheter du beurre à la livre pourquoi pas.

Mais! Il y a des trucs auxquels je ne m’habitue pas. J’avais déjà eu l’occasion de parler du calcul de la consommation d’un véhicule. « Chez nous » on évalue la consommation en litres nécessaires pour faire cent kilomètres « Ma Twingo fait du 6l/100km ». Dans certains pays anglo-saxons on parle en miles par galon. Déjà ça devient galère. Mais au Japon on prend carrément le problème à l’envers et on évalue en fonction du nombre de kilomètres parcourus avec un litre de carburant « Mon Impreza fait du 14km/l »… Je vous laisse convertir en l/100km…

Autre exemple. Aujourd’hui un typhon passe sur Tokyo (sérieusement). Pas de problème j’ai l’habitude d’avoir du temps pourri quand je suis de repos. Et tout à l’heure j’entends aux infos « des vents qui peuvent aller jusqu’à 38m/s ». Ok… *Sort sa calculatrice*… Donc 38x60x60/1000. Ah, 136.8km/h!

Vous l’avez compris dans une conversation on est vite largué. Si déjà vous avez eu du mal à vous habituer au système japonais des dizaines de milliers je vous souhaite bien du plaisir pour le reste. Oui, parce que vous ne le savez peut-être pas, mais au Japon 10 000 n’est pas associé à 10 x 1 000 mais à 1 x 10 000. Ce n’est pas « Dix mille » mais « Ichi man » (une dizaine de milliers). Donc 100 000 ne représentent pas 100 x 1000 mais 10 x 10 000 « Juu man » (dix dizaines de milliers). Un million c’est cent dizaines de milliers etc.

J’arrête là, je vois d’ici de la fumée qui sort par vos oreilles.

Otaku pour pas cher
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Otaku pour pas cher

Pas besoin de se ruiner quand on aime les produits dérivés au Japon. Si on trouve des choses très chères, on peut aussi se faire plaisir pour presque rien.

Exemples:

– Boissons Dragon Ball Z: environ 1€
– Boîtes de mouchoirs Dragon Ball Z: environ 1€50
– Mouchoirs en papier One Piece: 1€50 les 12 paquets
– Gâteaux One Piece dans une boîte en métal: environ 4€50
– Mini-Puzzle One Piece: environ 4€50
– Bonbons One Piece: 1€ sur Candysan
– Bonbons Puella Magi Madoka Magica: 3€50 sur Candysan
– Barbe à papa Dragon Ball Z: Offerte en cadeau au premier membre Ici Japon qui poste un commentaire.

Au Japon on s’habitue à…
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Au Japon on s’habitue à…

Après plus de 5 années passées au Japon j’ai eu largement le temps de me faire à la majorité des règles, coutumes, traditions et habitudes quotidiennes du pays. Je n’ai eu aucun problème pour adopter tout de suite presque toutes les règles de base de politesse, manger avec des baguettes ou rouler à gauche. D’autres petites choses ont pris plus de temps et il y en a d’autres en revanche auxquelles je ne m’habituerai sûrement jamais. Voici une petite liste des choses qui me viennent à l’esprit, n’hésitez pas à la compléter.

À Table

La nouritture √ Ok

J’ai aimé la nourriture japonaise tout de suite, aucun problème pour m’adapter. Aucun problème non plus pour faire la cuisine puisque je ne cuisine pas…

Manger avec des baguettes √ Ok

Je mangeais déjà avec des baguettes avant de venir au Japon.

Respecter les 10 000 règles de la table √ Ok

Il y a des dizaines de trucs à ne pas faire avec ses baguettes (à découvrir ici) mais on apprend vite, il suffit de faire une boulette une ou deux fois pour s’en rappeler.

Manger des nouilles en faisant du bruit √ Ok

Dragon Ball Z © Akira Toriyama

Au début je trouvais ça un peu dégueu de faire du bruit en aspirant le bouillon en même temps que les nouilles. Finalement je me suis habitué et ça me paraît tout à fait normal maintenant. Et c’est carrément meilleur comme ça. Ma mère n’est pas encore habituée après pas mal de voyages au Japon mais mon père s’en donne à cœur joie. Ça dépend des personnes.

Manger avec une cuillère X Pas Ok

Manger un yaourt ou de la soupe à la cuillère je veux bien. Mais au Japon il y des plats qui se mangent avec une cuillère à soupe et je déteste ça. C’est le cas du curry japonais par exemple, et de nombreux plats avec de la sauce. On est censé manger ça à la cuillère, mais je préfère mille fois à la fourchette voire même galérer avec des baguettes.

Alterner sucré et salé √ Ok

Il y a quelques années quand je voyais ma belle-famille japonaise se resservir une tranche de pizza après le dessert, ou attaquer un gâteau d’anniversaire en plein milieu du repas ça me faisait drôle. Au Japon on a tendance à manger tous les plats en même temps. Le sucré arrive normalement en fin de repas mais ne marque pas forcément la fin de celui-ci, aucun problème pour finir tous les plats qui restent sur la table après le dessert. Et lors d’un petit casse-croûte à l’extérieur c’est carrément l’anarchie, on mange un petit pain sucré avant d’entamer son hot dog, voire on mange les deux en même temps. Normal ! Je reste toujours sur ma bonne vieille habitude de finir par du sucré, mais si j’ai toujours un creux à la fin du repas pas de problème pour repasser sur du salé avant de remanger un truc sucré au final. Ça m’a bien pris deux ou trois ans d’entraînement.

En voiture

Rouler à gauche √ Ok

Pas de problème particulier de ce côté. On me pose souvent la question mais ça n’est pas très dur en réalité, j’ai l’impression que tout le monde prend le coup assez vite. Par contre il m’arrive de temps en temps de mettre les essuie-glaces à la place du clignotant car les commandes sont inversées.

[Mode culture générale On ]

« essuie-glace » n’est plus invariable depuis 1990

essuie-glaces /ɛ.sɥi.ɡlas/ masculin pluriel (orthographe rectifiée de 1990)

[Mode culture générale Off ]

Ne pas respecter les limitations de vitesse √ Ok

En France je faisais hyper attention aux limitations de vitesse. J’ai connu l’époque où on pouvait rouler à 170km/h sur l’autoroute sans trop s’inquiéter grâce à la règle des « jusqu’à +40km/h ça passe », mais du jour au lendemain on s’est retrouvé à devoir rouler le nez collé au compteur pour ne pas dépasser les limitations d’un seul kilomètre. Et j’ai joué le jeu. Du coup, quand je suis arrivé à Tokyo je respectais les limitations de vitesse comme en France, et soit je me faisais engueuler par ma femme soit je ralentissais toutes les voitures derrière moi. Au Japon personne ne respecte les limitations, et les feux orange n’inquiètent personne. Pour autant les gens conduisent de manière civilisée et c’est un plaisir de conduire même à Tokyo.

Les voitures carrées √ Ok

Les voitures japonaises cubiques, on aime ou on n’aime pas. Au début je n’étais pas fan. Je venais du Canada où je voyais plein de Mustang et de grosses bagnoles classe et la coupure a été assez nette. Mais petit à petit on trouve les voitures japonaises plutôt pratiques et spacieuses, bien pensées en fait. Plusieurs Japonais m’ont dit aimer le style des voitures européennes comme la Golf ou les citadines françaises mais ne pas en vouloir car l’intérieur n’est pas assez pratique ou spacieux. Et je comprends maintenant pourquoi ils pensent ça. Mais bon, à choisir je préfère quand même une Camaro à une voiture-cube. Et puis les Japonais savent aussi faire des voitures qui ont de la gueule.

En vélo

Rouler avec un vélo de grand-mère √ Ok

La première fois je me sentais un peu con avec mon vélo japonais avec son petit panier devant et sa forme de vélo de femme. Au bout d’un moment on trouve le panier bien pratique et on trouve ça encore mieux quand il y en a un deuxième à l’arrière. C’est un peu comme pour les voitures: le pratique prime sur le style.

Les cadeaux

Saint-Valentin / White Day √ Ok

À la Saint-Valentin l’homme reçoit un cadeau. Un mois plus tard, pour le White Day, il rend un cadeau en échange. Pourquoi pas…

Les omiyage √ Ok

À chaque fois que l’on part en voyage on doit ramener un cadeau typique de l’endroit que l’on a visité à sa famille et à ses collègues, parfois aussi à ses amis. À 99% c’est de la nourriture. Maintenant je maîtrise.

Okaeshi X Pas Ok

À chaque fois que l’on reçoit de l’argent lors d’un mariage, d’un enterrement, d’une naissance ou de tout autre évènement important, il est de coutume de rendre un cadeau en échange . Ce cadeau représente environ un tiers de la somme recueillie. D’accord c’est une façon de montrer sa reconnaissance, de faire plaisir à son tour et tout ça, mais je n’adhère pas au principe. Surtout que le cadeau reçu est souvent plus gênant qu’autre chose. Quand on reçoit 5 lots de serviettes de bain on ne sait plus quoi en faire.

Les cadeaux en argent Plus ou moins Ok

J’ai assez vite pris l’habitude d’offrir et de recevoir de l’argent. Au Japon l’argent s’échange pour toutes les occasions que ça soit entre les membres d’une même famille, entre amis, dans les milieux professionnels ou lors de fêtes religieuses et locales. Je ne suis ni choqué ni étonné dans l’immense majorité des cas mais parfois ça me fait tout de même bizarre. Il y a quelques jours ma femme et des amis sont allés voir une personne à l’hôpital. En cadeau ils ont apporté… une enveloppe avec de l’argent. Il faut savoir que dans la majorité des hôpitaux japonais on n’a même pas de place pour poser des fleurs près de son lit, mais quand même ça fait drôle.

À la maison

Laver son linge à l’eau froide √ Ok

Ça m’a étonné de voir que toutes les machines à laver ne fonctionnaient qu’à l’eau froide au Japon. Maintenant je me demande l’intérêt de laver à l’eau chaude.

Les poubelles à évier X Pas Ok

Mais alors pas ok du tout. Au Japon, dans chaque évier de cuisine est intégrée une espèce de poubelle, un peu comme les broyeurs intégrés dans les éviers américains mais totalement différent (!?). Franchement, laver sa vaisselle au-dessus d’une poubelle je trouve ça écœurant. Je ne pense pas m’habituer un jour.

La télé japonaise Plus ou moins Ok

Avant je trouvais ça très con. Maintenant je trouve ça très con mais marrant (quand je comprends).

Autre

Avoir plein de cartes √ Ok

Le Japon c’est le pays des cartes. Entre les cartes de visite, les cartes de fidélité de chaque magasin, les cartes bleues et les cartes de retrait de chaque banque et les cartes « de base » (permis de conduire, cartes de transport, carte de séjour) il faut pas mal d’organisation. On ne dirait pas comme ça mais ça demande de la technique et des accessoires divers pour s’y retrouver avec tout ça. Aujourd’hui j’ai un porte-cartes de visite (pour les miennes), un mini-classeur à cartes de visite (pour celles que je reçois), un petit portefeuille, et un clip à billets et cartes. Il faut juste savoir quoi prendre pour quelle occasion.

Risques naturels √ Ok

Séismes et typhons ont l’air impressionnants à la télé mais à moins d’être au mauvais endroit au mauvais moment lors d’un évènement exceptionnel ça n’est pas si hardcore que ça. Habitant sur une petite île coupée du monde je ne sais pas, mais à Tokyo en tout cas on se sent très en sécurité et après quelques secousses et un ou deux typhons on ne s’inquiète plus vraiment.

Les grèves √ Ok

Je ne vous cache pas qu’il faut de nombreuses années pour s’habituer à vivre dans un pays sans grèves, sans manifestations, et où les services publics et privés fonctionnent toujours parfaitement. Mais on s’adapte après un certain temps.

Kita-Koiwa Omikoshi
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Kita-Koiwa Omikoshi

Hier j’ai assisté à un matsuri (festival japonais) dont personne n’a certainement jamais entendu parlé: le matsuri de Kita-Koiwa. Il s’agissait d’un matsuri de type omikoshi. C’est un genre de festival extrêmement répandu au Japon que presque chaque quartier organise tous les deux ou trois ans. Les habitants s’habillent en habits folkloriques et transportent un petit temple à travers leur quartier en faisant le plus de bruit possible. C’est la façon traditionnelle de remercier les dieux pour la récolte.

Les plus grands omikoshi attirent les foules, le sanja matsuri d’Asakusa par exemple rassemble chaque année environ 2 millions de personnes. Celui de Kita-Koiwa est un tout petit peu moins connu et hier on était grosso-modo 150 à 200 participants. C’était la première fois que j’assistais à un si petit festival et j’ai adoré. Pourquoi? Parce que c’était vraiment une fête de quartier où tout le monde se parle, boit, mange et chante ensemble. C’était quasiment une fête privée, il n’y avait que des participants et aucun spectateur.

Les festivals de quartier de ce type attirent de moins en moins de monde malheureusement. Le dimanche les jeunes préfèrent souvent jouer au Baseball par exemple. Or pour porter le temple il faut quand même pas loin d’une centaine de personnes qui se relais. Pour regrouper plus de personnes les quartiers forment alors avec les autres quartiers voisins ce que l’on pourrait appeler des alliances qui peuvent se résumer ainsi: « Si tu m’aides à porter mon temple, je t’aiderai à porter le tien ». Hier en plus des habitants de Kita-Koiwa 4 ou 5 quartiers avaient envoyés une dizaine de personnes pour aider. Avec ma belle-famille on faisait partie d’un de ces groupes. Et dans deux semaines les habitants de Kita-Koiwa viendront au matsuri qu’on organise.

Le omikoshi a duré toute la journée du matin jusqu’au soir et il faisait une chaleur à assommer un buffle. Heureusement toute les demi-heures on faisait une pose et on nous servait des boissons, fruits et légumes à volonté. À midi et le soir on a également eu le droit à un grand pic-nic au temple shinto d’où part le cortège avec brochettes et onigiri en abondance. Chaque famille qui participe au festival donne une enveloppe au temple shinto pour aider à la préparation du matsuri. Hier les plus gros dons étaient de ¥50’000 (450€) et la majorité des autres dons étaient de ¥10’000 ou ¥5’000. Grâce à ça tout le monde peut manger et boire toute la journée. En remerciement pour la participation au matsuri on reçoit aussi de petits cadeaux (alcool, riz etc.) à ramener chez soi.

Ce que j’ai retenu de la journée c’est la bonne humeur. Je vous laisse découvrir avec quelques photos.

La culture française
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La culture française

Au Japon être français c’est plutôt la classe. Les japonais n’apprécient pas forcement les américains, ne connaissent pas la moitié des pays européens, mais la France tout le monde connaît, et le pays a très bonne image. La France c’est le pays de la culture, du romantisme, du raffinement et de la bonne cuisine; si bien que les japonais sont toujours content de rencontrer un français.

J’ai fait le même constat dans tous les pays d’Asie que j’ai visité et petit à petit je suis devenu fier d’être français, alors que ça n’était pas forcement le cas il y a quelques années. Et objectivement, après avoir pas mal voyagé et habité dans plusieurs pays, j’ai pu découvrir que la culture française était particulière. J’ai découvert par exemple que l’humour français, si l’on écarte les blagues bien grasses, demandait finesse et vivacité d’esprit. J’ai remarqué que les français étaient curieux, aimaient apprendre et débattre sur tous les sujets. Je me suis rendu compte également que l’éducation à la française n’était pas si mauvaise, que ce soit à l’école ou à la maison, puisqu’elle « fabrique » des personnes qui savent réfléchir par elles-mêmes, savent s’adapter à presque toutes les situations et savent acquérir des connaissances dans beaucoup de domaines.

Au fil des ans je me suis construit une assez bonne image de la France et des français. J’imagine que j’ai été beaucoup influencé par le fait que se présenter comme français déclenche des sourires et des « Ah! » d’étonnement, et peut-être aussi que les français que je rencontre à l’étranger sont des gens particulièrement intéressants. Enfin bref, je comprends enfin la richesse de la culture française et je suis content d’être français.

MAIS!

Mais je me pose parfois de sérieuses questions car j’ai l’impression que cette culture appréciée dans le monde entier (ou presque) est en train de se transformer rapidement et pas dans le bon sens.

Je me rappelle d’un article publié il y a deux ou trois ans dans un journal américain, le Times je crois, qui disait que la culture française était morte et perdait de son influence dans le monde. Et c’est peut-être bien le cas si l’on considère que la façon dont les personnes utilisent internet reflète la culture d’un pays.

Cette longue introduction pour vous présenter le top 10 des mots-clés recherchés sur le moteur français de Yahoo! en 2010.

Attention ça fait mal aux yeux:

1. Secret Story
2. Olympique de Marseille
3. La Ferme Célébrités 3
4. Coupe du monde 2010
5. Plus belle la vie
6. Affaire Zahia D.
7. Ligue 1
8. CAN 2010
9. Michael Jackson
10. Nouvelle Star

Vous me direz Yahoo! est loin d’être le moteur de recherche e plus utilisé des français. Et j’imagine aussi que le résultat ne tient pas compte des recherches comme « Facebbok » ou « Youtube ». Mais quand même…!

Tokyo: dans l’attente DU tremblement de terre
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Tokyo: dans l’attente DU tremblement de terre

tokyo-armageddon Ce matin Tokyo a été secouée par un tremblement de Terre d’une magnitude de 5.3 – j’étais dans le train, je n’ai rien senti – 5.3 c’est déjà un chiffre assez important sur l’échelle de Richter, à cette magnitude un tremblement de Terre peut déjà causer des dégâts aux bâtiments.

Alors que dans certaines régions du monde ce genre d’évènement alimenterait les conversations pendant plusieurs jours, au Japon il passe totalement inaperçu. La Terre tremble plusieurs centaines de fois sur l’archipel et le pays a su s’adapter en construisant des bâtiments et structures qui savent résister à des séismes assez important. Les gens se sentent en confiance et on l’habitude de sentir la Terre bouger, et il faudrait bien plus qu’un tremblement de Terre d’une force de 5.3 pour inquiéter les japonais.

Oui mais voilà. Les tremblements de Terre plus gros arrivent aussi. Rarement certes mais régulièrement. Le dernier séisme à avoir marqué l’histoire du Japon remonte à 1995 lorsque la ville de Kobe a été touchée par une secousse de 20 secondes d’une magnitude de 7.2. Bilan: plus de 5.000 morts et 40.000 blessés, 80.000 bâtiments détruits et 300.000 sans-abri. 100 milliards de dollars de dégâts.
Et tout ça n’est rien à côté du tremblement de Terre qui toucha Tokyo en 1923 avec une magnitude estimée à 7.9 sur l’échelle de Richter. La catastrophe rasera en grande partie la ville et fera officiellement 141.720 morts. Beaucoup périrent dans des incendies ou des mouvements de panique.

Or on sait qu’un gros séisme se produira encore à Tokyo. Un tremblement comme celui de 1923 a un cycle de deux cents ans, mais d’autres d’une magnitude de 7 arrivent environ tous les 40 ans.
Tokyo est une ville bien préparée avec des immeubles aux normes anti-sismiques, un dispositif bien rôdé avec des messages d’alerte diffusés à la télévision ou sur les portables, des pompiers compétant et bien équipés, et une population avertie entraînée à réagir correctement en cas d’alerte. Mais cela sera t-il suffisant en cas de gros séisme? Peut-être pas.

En 2000 une estimation du gouvernement japonais chiffrait le nombre de victimes d’un tremblement de Terre d’une magnitude de 7 à Tokyo à 7 000 morts, 30 000 blessés et des millions de réfugiés. Les risques viennent de l’effondrement d’infrastructures comme les ponts, d’incendies avec des maisons construites autour d’une structure en bois, ainsi que des mouvements de foule. Une enquête de la Commission de prévention des désastres japonaise datant de 2008 conclue qu’en cas de catastrophe entraînant la paralysie des moyens de transports publics les gens se déplaceront à pied dans les rues au milieu d’une foule d’une densité de 6 personnes pas mètre carré. Des millions de personnes cherchant à regagner leur domicile pourraient être bloquées dans les rues pendant des heures. Un scénario incroyable mais qui se produira probablement dans les années à venir.