Partir au Japon: qu’est ce qui vous retient?
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Partir au Japon: qu’est ce qui vous retient?

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Photo: via blog.umoor.com

Le Japon est une destination de rêve pour beaucoup de monde mais les personnes qui y partent sont finalement peu nombreuses compte tenu de la popularité du pays. Pourquoi? Le Japon est-il un pays si difficile d’accès?

Avant de partir voici quelques difficultés à surmonter qui me viennent à l’esprit:

L’argent: Le Japon est un pays assez cher et ça n’est pas la porte à côté donc partir demande un bon petit budget. En plus il y a tant à faire et à découvrir que partir une ou deux semaines seulement c’est un peu dommage.

Le visa: Partir c’est bien mais pour combien de temps? Avec un visa de tourisme on ne peut rester au Japon que pour 3 mois (6 mois pour les suisses). C’est un peu juste si l’on veut faire l’expérience de la vie au Japon. Heureusement il existe d’autres visas comme le visa vacances-travail qui permettent de rester plus longtemps. Mais si on veut passer toute sa vie au Japon… problème.

La Famille: La famille ou les proches peuvent être un obstacle à un voyage lointain. Difficile par exemple de partir aussi loin sans son conjoint. Et si celui-ci n’aime pas prendre l’avion ou préfère dépenser son argent dans un écran plat ça n’est pas demain que vous ferez vos valises.

Le Travail: Difficile de lâcher son job ou de prendre plusieurs semaines de vacances pour pas mal de monde.

La langue: Le japonais fait peur surtout que l’anglais est assez peu parlé au Japon.

La peur: Peur de voyager seul, peur de se perdre dans l’immense capitale, peur de prendre l’avion etc.

Et vous, dites nous ce qui vous retient de partir, ou quelles solutions vous proposez pour surmonter les problèmes.

Dormir au milieu des dauphins
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Dormir au milieu des dauphins

Une activité originale si vous voyagez au Japon dans les prochains jours: dormir au milieu des dauphins. Ça se passe à Yokohama, au Yokohama Hakkeijima Sea Paradise, dans un “aquarium tunnel” (la page officielle). Mais ne vous excitez pas trop car si l’expérience fait envie elle ne dure malheureusement que 4 jours entre septembre et octobre 2012 et est réservée à 20 personnes par nuit (sur tirage au sort), et seules les femmes de plus de 20 ans peuvent profiter de l’offre.

Pour ceux celles qui auront la chance de participer il en coûtera ¥12 000 (un peu moins de 120€) pour la nuit avec deux repas inclus. La relaxation est garantie.

Japon: partir plus longtemps avec moins d’argent ou partir moins longtemps avec plus d’argent?
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Japon: partir plus longtemps avec moins d’argent ou partir moins longtemps avec plus d’argent?

Combien de temps partir et avec quel budget? C’est la question qu’on se pose normalement avant d’organiser son premier voyage au Japon. Au lieu de se demander encore une fois combien coûte un voyage au Japon, on va essayer d’aborder le problème sous un autre angle. En gros, vaut-il mieux partir au Japon quelques jours les poches pleines pour se faire plaisir ou y rester 1 ou 2 mois en mode survivor?

Quand on part au Japon il y a deux gros postes de dépense au départ: l’avion et le logement.

Le prix d’un billet d’avion ne sera pas plus cher si vous partez plus longtemps. Je viens de faire une simulation sur le comparateur de vols du site en prenant des périodes au hasard. L’aller-retour le moins cher entre le 10 septembre et le 17 septembre coûte 594€. Si j’élargis la période du 10 septembre au 10 octobre je trouve des billets à partir de 509€. Pour le même prix ou moins cher autant partir plus longtemps si on peut.

Mais plus on part longtemps et plus l’hébergement coûte cher. Faux! Tout dépend de l’hébergement que vous choisissez. Par exemple un mois en guest-house coûte souvent moins cher qu’une semaine dans un hôtel classique. Aussi, c’est plus cher que les guest-houses, mais louer un appartement est une solution moins chère que l’hôtel dès que l’on reste plus de deux semaines sur place. Bien sûr cela dépend de quel hôtel et de quel appartement mais en général l’hôtel est un hébergement qui revient très cher assez rapidement.

Finalement il ne reste plus qu’à considérer le budget nourriture/transport/loisirs. Et c’est la façon dont vous voulez vivre votre expérience au Japon qui va déterminer combien de temps vous allez pouvoir passer dans le pays avec l’argent dont vous disposez.

Le première question à se poser c’est: Tokyo ou le Japon? Rester en ville durant toute la durée de son séjour demande beaucoup moins de sous que de parcourir le pays du nord au sud. Même se limiter à la visite de deux villes, par exemple Tokyo et Kyoto, demande bien plus de ressources que de rester à un seul endroit car il faudra compter des déplacements onéreux et plusieurs hébergements différents. Sur ce point les avis sont très partagés. Certains essayeront de voir le maximum d’endroits alors que d’autres voudront explorer le plus possible la capitale et ses quartiers. Tokyo est une ville immense et très dynamique. On peut y passer un sacré bout de temps sans tourner en rond si on a préparé un peu son voyage. Vous pouvez aussi choisir une autre ville que Tokyo mais pour un premier voyage la majorité des visiteurs préfèrent la capitale.

Au Japon beaucoup de choses sont gratuites. Sans avoir un budget sorties énorme on peut tout de même faire des choses intéressantes tous les jours. Par exemple la majorité des grands temples et les parcs sont gratuits, c’est le cas aussi de beaucoup de conventions, des matsuri, ou des showrooms de grands constructeurs ainsi que de beaucoup d’autres endroits intéressants. Et bien sûr, à Tokyo, rien de plus excitant que de simplement marcher dans les rues des différents quartiers pour découvrir le paysage urbain et observer des scènes de vie. Mais partir en devant compter chaque sou peut aussi devenir un supplice. Déjà parce que l’on se privera d’aller à certains endroits payants ou trop éloignés, ensuite parce que l’on ne pourra pas profiter de la vie nocturne, encore parce que l’on devra se priver de certaines découvertes culinaires, et enfin parce que l’on devra résister à toutes les tentations d’achats (qui seront nombreuses).

Bref, avec un budget limité on peut tout de même profiter du Japon et faire un voyage de rêve. Mais nécessairement on loupe aussi beaucoup de choses intéressantes.

Que l’on choisisse de partir plus longtemps avec moins d’argent ou de partir moins longtemps avec plus d’argent, dans les deux cas on peut vivre une formidable aventure, et dans les deux cas on risque quelques frustrations. Selon vous quelle est la meilleure solution? Si vous êtes déjà partis au Japon comment avez-vous tranché la question?

Tev, comment tu fais pour habiter au Japon?
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Tev, comment tu fais pour habiter au Japon?

question-dice Depuis que j’ai ouvert Ici Japon et encore plus depuis la création du blog je reçois beaucoup de questions sur mon parcours et ma vie personnelle. J’essaye de répondre dans la mesure du possible mais comme ça devient difficile je vais commencer à répondre sur le blog aux questions qui reviennent fréquemment, étant donné que ça a l’air d’intéresser du monde et que ça m’évitera d’écrire sans arrêt le même message je pense que c’est une bonne idée. Arrêtez-moi si je me trompe.

La question qu’on me pose le plus souvent c’est “comment tu fais pour habiter au Japon?”, ou “comment je peux faire pour habiter au Japon?”.

Pour faire sa vie au Japon je connais deux grandes solutions.

La première est de trouver un travail au Japon et d’obtenir un visa de travail qui sera renouvellé le temps de votre contrat qui peut durer des dizaines d’années. Mais attention ça n’est pas facile d’obtenir un visa de travail pour le Japon. Il faut pour cela trouver un travail dans une entreprise qui est capable de vous sponsoriser pour l’obtention du visa et aussi rencontrer certaines conditions comme pourvoir justifier d’un niveau Bac + 3 ou de plus de 10 ans d’expérience dans le domaine où vous allez travailler. Trouver du travail dans une grande compagnie japonaise c’est difficile sans avoir de bons diplômes, de l’experience et sans parler japonais. Surtout ces derniers temps ou c’est devenu presque même impossible. La meilleure solution est de trouver un emploi depuis votre pays dans une compagnie qui pourra vous envoyer au Japon. Là encore la clé c’est un bon diplôme. D’autres tentent leur chance directement au Japon, en prenant par exemple un visa vacances-travail d’un an et en espérant trouver quelque chose durant cette période. Ça peut marcher mais pas pour tout le monde. Surtout si vous débarquez au Japon sans connaître le pays ni la langue.

La seconde solution c’est d’avoir un conjoint japonais ou qui a un visa lui permettant de vivre au Japon. Je suis dans ce cas puisque ma femme est japonaise. Si j’habite au Japon c’est totalement par hasard. J’aime ce pays mais jamais je n’aurais pensé y vivre. Mon but était à l’origine de voyager à travers le monde et de découvrir le plus de chose possible, et c’est vraiment le fait d’avoir rencontré une japonaise qui préfère vivre à Tokyo qui fait que j’habite au Japon.

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J’ai déjà un petit stock de questions à répondre mais n’hésitez pas à m’en poser d’autres par message privé sur le Forum ou en commentaires sur le blog. Pas forcement sur ma vie privée mais aussi sur la vie au Japon en général ou d’autres côtés du Japon qui vous intéressent.

Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (1)
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Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (1)

J’ai entrepris d’écrire un article pour répondre aux différentes questions qu’on me pose sur la vie à l’étranger. Ça fait deux semaines que je travaille sur cet article et je n’en vois pas le bout, donc je vais vous le livrer petit à petit, point par point.

On me demande régulièrement ce que j’aime au Japon ou ce qui me manque de France. Depuis longtemps ça m’a donné envie de répondre sous forme d’un duel France vs. Japon afin de dresser une liste des bons et mauvais côtés de chacun des pays. Pour ne pas laisser de côté les nombreux Canadiens qui suivent ce blog j’ai décidé ensuite de rajouter le Canada dans le comparatif. Et finalement pourquoi ne pas rajouter aussi dans le match la Chine qui est un pays haut en couleurs et qui accueille de plus en plus de monde. Je vais aussi mentionner d’autres endroits mais je vais surtout me concentrer sur ces quatre pays dans lesquels j’ai habité le plus longtemps.

Attention, je ne donne que mon avis personnel, et bien entendu chaque personne aura une perception différente de chaque pays.

En guise d’introduction je dirais juste que la France, le Japon, la Chine et le Canada sont tous des pays que j’aime beaucoup et dans lesquels j’ai beaucoup aimé vivre. Cependant je les aime pour des raisons très différentes, et la vie dans chacun d’entre eux a ses bons côtés mais aussi ses mauvais côtés. Il n’y a pas d’endroit parfait.

En France j’ai habité dans plusieurs régions différentes jusqu’à mes 23 ans (24 ans?). En Chine j’ai habité un peu plus d’un an à Shenyang, une ville du nord-est d’environ 7 millions d’habitants qui se modernise mais qui a encore pas mal de retard sur les villes les plus modernes (Pékin, Shanghai et Hong Kong), et j’ai aussi beaucoup voyagé dans le reste du pays. Au Canada je suis surtout resté à Montréal, presque 4 ans, comme étudiant. Au Japon, je suis installé définitivement à Tokyo avec femme et enfant, et j’y ai passé environ 4 ans.

Administration

Je commence par un thème chiant à mourir mais je vais prendre chaque point par ordre alphabétique.

L’administration est une machine infernale dans chaque pays à laquelle l’expatrié est obligé de se frotter s’il n’est pas employé d’une grosse entreprise qui s’occupe de tous les papiers pour lui. Que ce soit pour des raisons de visa, de changement de situation familiale, d’assurance ou autres on a tout le temps besoin de faire des démarches administratives. Si vous trouvez déjà ça pénible dans votre pays essayez comme moi de réunir en France les papiers nécessaires à un mariage au Japon tout en habitant en Malaisie… Bienvenue en enfer!

Clairement le pire que j’ai vu c’est en Chine. En Chine on est libre de ses mouvements (moins qu’ailleurs mais ça va tout de même) mais les autorités veulent toujours savoir où se trouvent les étrangers. En théorie quand on se déplace dans le pays on doit se rendre au poste de police du quartier pour informer que l’on s’absente de la ville et dire où l’on va et pour combien de temps. Je ne sais pas si beaucoup de monde le fait mais la seule fois où je me suis rendu au poste de police c’était pour m’enregistrer lors de la location de mon appartement (c’est obligatoire), et l’endroit était tellement horrible que ça m’a passé l’envie d’approcher la police chinoise pour quelque raison que ça soit. Et c’est pareil pour toute la paperasse et toute l’administration, ça prend du temps, les locaux sont pourris, et le personnel est le plus mal aimable possible. Sans compter que les gens ne parlent que chinois et ne font aucun effort pour te comprendre ou t’aider à t’orienter.

Au Japon, comme on pourrait s’y attendre, tout est super carré. Le personnel est prévenant et en général on trouve des guichets et des formulaires pour les étrangers (en anglais et parfois en chinois). Par contre tout est payant et relativement cher. Et les démarches sont parfois complexes. Il n’y a pas de problème pour tout ce qui touche le visa etc. mais ma femme et moi avons bien galéré pour changer le nom de famille de notre fils par exemple.

En France j’ai eu l’impression que les démarches peuvent être parfois très simples et parfois super galères. Et que tout dépend en grande partie de la personne que tu as en face de toi au guichet ou au téléphone. Certaines personnes peuvent être très désagréables alors que d’autres se donnent à fond pour toi. Mais en général l’administration française est une grosse machine, très complexe et très lente.

Au Canada je connais un peu moins étant donné que les étudiants français sont bien encadrés et bénéficient de pas mal d’avantages (toutes les démarches se font en français au Québec, l’assurance est gratuite et facile à obtenir, etc.). Il y a tout de même quelques aberrations (comme partout). Par exemple on ne peut pas changer de statut sur place et je me rappelle avoir dû traverser la frontière US juste pour changer mon visa de tourisme en visa étudiant.

Mon classement:

1. Canada
2. Japon
3. France
4. Chine

Japon: 1 budget – 5 voyages (1)
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Japon: 1 budget – 5 voyages (1)

1. Jean-François G. Delatune

icon 1 week-end détente à Tokyo
icon Budget: 6 000€

2. René Pantoufle

icon 10 jours à travers le Japon en voyage organisé
icon Budget: 6 000€

3. Jeanne Toulemonde

icon 3 semaines à travers le Japon en mode découverte
icon Budget: 6 000€

4. Vincent Gétudi

icon 3 mois à Tokyo en séjour linguistique
icon Budget: 6 000€

5. Frédéric Danladèche

icon 1 an à Tokyo en Working Holiday
icon Budget: 6 000€

Départ

Après une dure semaine de travail à négocier la fusion de son cabinet d’architecture avec l’entreprise leader mondiale du rideau de douche, Jean-François G. Delatune s’octroie deux jours de détente bien mérités à Tokyo. Il prend un vol direct Paris-Tokyo en première classe sur la compagnie aérienne Qatar Airways. Bien calé dans son grand fauteuil en cuir il s’endort paisiblement une coupe de champagne à la main en repensant au joli postérieur de l’hôtesse de l’air qui vient de passer dans le couloir. [3 000€]

Depuis que sa femme l’a quitté pour le plombier c’est la première fois que René Pantoufle part seul en voyage. Il profite de sa liberté retrouvée pour vivre le voyage de ses rêves à l’autre bout du monde. Il a choisi un voyage organisé, un circuit de 10 jours sur le thème du Japon traditionnel. Il embarque avec son groupe dans un avion de la compagnie Japan Airlines, en classe économique. Bien calé dans son fauteuil spacieux il s’endort sans mal un verre de vin rouge à la main en repensant au joli postérieur de l’hôtesse de l’air qui vient de passer dans le couloir. [5 000€]

Jeanne Toulemonde travaille comme secrétaire pour un petit avocat de Dijon. Chaque année elle fait un voyage à l’étranger, en général elle ne part pas si loin mais le Japon était sur sa liste des pays à voir depuis longtemps et comme le yen a bien baissé cette année elle a saisi l’occasion. Elle a organisé son voyage toute seule de A à Z. Pour l’avion elle a choisi la compagnie Emirates Airlines qui propose des prix intéressants et une qualité de services irréprochable. Bien calée dans son fauteuil confortable elle s’endort avant l’escale à Dubaï, un verre de jus de pomme à la main en pensant qu’elle aimerait bien avoir le même postérieur que l’hôtesse de l’air qui vient de passer dans le couloir. [700€]

Vincent Gétudi vient de finir son Master histoire et civilisations. Ça fait déjà un bout de temps qu’il sait qu’il ne trouvera pas de travail avec son diplôme et il a réussi à convaincre ses parents de l’envoyer au Japon pour dévaliser les magasins de Akihabara et draguer les Japonaises pour étudier le japonais afin de donner un aspect international à son CV et ainsi multiplier ses chances de succès dans la recherche d’un emploi. Son billet d’avion il le prend également sur Emirates Airlines car il était parmi les moins chers et en plus on lui a dit que les écrans incrustés dans les dossiers de sièges étant “super grands” et que le choix de films à bord était “énorme”. Bien calé dans son fauteuil confortable il s’endort un verre de coca à la main devant un épisode de Game of Thrones en repensant au joli postérieur de Daenerys Targaryen. [700€]

Frédéric Danladèche vient de perdre son boulot de responsable du rayon musique au Virgin Megastore de Toulouse. Il décide de positiver et de mettre à profit son nouvel emploi du temps allégé. Il s’envole pour le Japon avec toutes ses économies et un visa vacances-travail en poche. Son but est de rester un an à Tokyo et peut-être plus s’il décroche un visa de travail sur place. Pour économiser un maximum il a choisi sa date de départ en fonction du billet d’avion le moins cher qu’il ait trouvé sur internet. Un aller-retour d’une semaine sur la compagnie aérienne russe Aeroflot. Il sait qu’il n’utilisera pas le billet de retour mais cette solution coûte étrangement moins chère qu’un aller simple. Bien coincé dans son fauteuil il s’endort difficilement un verre d’eau à la main en pensant à l’état de son postérieur après avoir passé les services de sécurité à l’escale de Moscou. [500€]

À suivre…

Tev, combien ça coûte d’habiter au Japon?
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Tev, combien ça coûte d’habiter au Japon?

question-dice Vous êtes nombreux à vouloir partir au Japon et une question qu’on me pose souvent juste après “comment faire pour aller au Japon?” est “combien je vais dépenser par mois?”. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la question du budget nécessaire pour un voyage mais je n’ai jamais parlé de combien ça coûtait de vivre au Japon. En espérant que ça éclaire du monde voici en gros mes dépenses mensuelles, enfin nos dépenses avec ma femmes car il est difficile de séparer les deux:

Note: cet article date de 2011 et ne reflète plus ma situation actuelle mais les informations restent de bons indicateurs.

Loyer: ¥110.000 (environ 1000€).

Je précise tout de suite que j’habite à Tokyo et que le loyer est moins élevé dans les autres villes du Japon ou dans les préfectures proche de la capitale.

Pour ce prix j’ai un appart’ de 60m² ou 70m² (je ne sais plus) de type 3LDK, c’est à dire 3 pièces + 1 pièce Living/Dining et une cuisine séparée. C’est plutôt spacieux et c’est un bel appartement, une bonne affaire pour Tokyo. Mais il faut savoir que même si j’habite à Tokyo j’habite dans un quartier assez éloigné du centre et je suis situé en bordure de voie ferrée ce qui fait baisser le prix. En plus le propriétaire est une connaissance de ma belle-famille et il nous fait un prix car le loyer d’origine était de 120.000 yens.

Le loyer est donc un poste de dépense très important à Tokyo. Au minimum il faut compter 70.000 yens (un peu plus de 600 euros) pour un petit appartement avec une chambre et une pièce de vie.

Frais liés au logement: entre ¥5.000 et ¥8.000 (45€ à 70€)

Là dedans je comprends l’eau, le gaz et l’électricité. C’est l’électricité qui coûte généralement le plus cher avec la clim en été et le chauffage en hiver qui se fait généralement à la climatisation inversée. Évidemment ce budget varie énormément d’un foyer à l’autre. Ma femme et moi faisons attention à notre consommation et nos appareils électroménagers et climatisations sont basse consommation.

Forfaits: ¥10.000 (90€)

C’est à peu près ce qu’on paye à deux avec un abonnement internet (¥3.000) et un abonnement téléphonique chacun à environ ¥3.000 aussi.
Nous utilisons des portables “classiques” et un abonnement pour smartphone coûte environ ¥6.000 par mois soit le double.
Pour internet également nous avons un abonnement de base (fibre optique tout de même) mais les abonnements comprenant un bouquet de chaînes télévisées coûtent près du double (Et c’est tentant pour les chaînes américaines comme National Geographic ou Discovery).

Transport: ¥10.000 par personne (90€)

Ça varie d’un mois à l’autre mais on est jamais très loin de ce chiffre. Par transport j’entends le train, le métro et le parking à vélo. Exceptionnellement un peu d’essence dans la voiture familiale ou un petit trajet en taxi.

Assurances et santé: ¥23.000 (200€)

C’est ce qu’on paye pour deux et ça se présente sous la forme d’un pack complémentaire santé, assurance vie et plan d’épargne. Ma femme paye en plus ¥10.000 par mois de cotisation retraite. La complémentaire santé est très vivement conseillée, au Japon encore plus qu’ailleurs.

Nourriture: ¥15.000 (135€)

C’est une estimation mais qui est peut-être loin du chiffre réel. Nous avons pas mal d’avantages là dessus pour tout un tas de raisons et je pense qu’un couple “normale” dépense facilement le double.

Si on fait les comptes ça nous donne pour deux environ ¥195.000, disons ¥200.000 pour ne pas chipoter (environ 1.800€). Évidemment là dessus il faut rajouter les sorties, loisirs et achats divers. Je traiterai le sujet du coût des loisirs à part.

****************

Quelques nuances (partie 1)

Ceux qui prévoient de faire leur vie au Japon doivent s’attendre aussi à d’autres dépenses très importantes. L’éducation des enfants coûte extraordinairement cher au Japon, et posséder une voiture n’est pas donné non plus.

Outre les dépenses mensuelles il faut compter un budget sérieux pour pouvoir emménager au Japon. Entre tous les mois de caution, frais d’agence, “cadeau au propriétaire” et bien sûr ameublement sans oublier tous les frais comme le changement de la serrure et d’autres petites choses on atteint vite de grosses sommes. 10.000€ pour bien débuter ne sont pas de trop. J’en parlerai sûrement plus en détail dans un nouvel article.

Quelques nuances (partie 2)

Si vous venez au Japon pour une courte durée, en working-holiday par exemple ou en tant qu’étudiant. Toutes ces dépenses ne sont peut-être pas nécessaires. En faisant attention on peut sûrement s’en sortir (seul) pour 1.000€ par mois en vivant dans une guest-house pas chère et faire encore des économies en choisissant l’option dortoir ou en partageant sa chambre ou son appartement avec quelqu’un. Enfin là on parle plus de “survie au Japon” que de “vie au Japon”.

Quelques nuances (partie 3)

Enfin il me paraît important de préciser que le coût de la vie est cher au Japon mais les salaires sont proportionnellement élevés et le pouvoir d’achat des japonais est certainement parmi les premiers du monde (le premier?). N’oublions pas non plus que le yen est élevé en ce moment ce qui donne des prix en euro un peu plus costauds.

Suivez mes aventures au Japon

Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (2)
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Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (2)

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Confort de vie

Je parlerai du coût de la vie plus tard. Dans “confort de vie” je regroupe tout ce qui est facteur de détente ou de stress dans un pays, sans rapport avec la situation financière d’une personne.

Commençons avec le Canada. C’est un pays dans lequel il est facile de vivre et je pense que n’importe qui peut s’adapter au mode de vie sans grande difficulté. Pour un francophone le Québec est idéal puisque tout se fait en français, mais même dans le reste du pays tout le monde peut se débrouiller en ne parlant que quelques mots d’anglais. Ça n’est pas comme s’il fallait apprendre le chinois pour vivre normalement. En plus c’est un pays moderne, en ville on trouve tout ce que l’on veut, et avec peu de violences ce qui est un gros plus par rapport à la France. L’hiver de six mois peut être un problème, beaucoup d’expatriés abandonnent le Canada après deux ou trois ans à cause du froid et de la nuit qui tombe vite et rend morose. Vivre à Montréal était pour moi très simple et sans aucun stress, comme j’aime les sports de glisse et que j’habitais dans la ville avec tout à portée de main l’hiver ne me gênait pas vraiment non plus.

La France est un pays dans lequel on vit assez confortablement. Le climat est plutôt agréable par rapport à de nombreux pays (pas de grand froid, pas de grandes chaleurs, pas d’humidité ou de fortes pluies) et on y respire un air pur. Par contre l’enfer débute avec les transports en commun, surtout à Paris, qui sont indignes d’un grand pays, et se poursuit avec les grèves à répétition. Autre facteur de stress pour beaucoup de monde, en tout cas ça l’était souvent pour moi, il y a toujours des voisins insupportables dans les parages qui ne respectent pas les autres (genre la musique à fond). Enfin gros problème en France que je n’ai jamais rencontré à cette échelle ailleurs: le racket, le vol, et la violence en général. Sortir son smartphone dans un lieu public ne se fait pas si facilement, et laisser sa voiture garée dehors c’est prendre des risques. Et puis, ça a peut-être évolué ces dernières années, mais je ne connais aucun autre pays avec autant de merdes de chiens dans la rue.

La Chine. Pollution, saleté, nuisances sonores, politesse inexistante… tous les facteurs de stress sont réunis au même endroit. Vous me direz il y a pire, l’Inde par exemple, mais tout de même la vie en Chine est vraiment pénible. Il faut faire de gros efforts pour faire la moindre petite chose. Acheter un simple billet de train est une vraie galère par exemple et à la banque il faut littéralement gueuler pour faire avancer les choses. Et bien sûr tout se passe en chinois. Dans plusieurs pays d’Asie on se débrouille bien avec seulement l’anglais (Inde, Malaisie, Thaïlande dans une moindre mesure) mais en Chine le concept même de langue étrangère est inconnu pour une grande partie de la population. Essayez de commander, en chinois, une bouteille de gaz par téléphone pour voir. Même en étant un peu à l’écart de la population (résidence calme, cours dans un bâtiment spécial sur le campus de l’université) chaque mouvement du quotidien est stressant. Le simple fait de marcher dans la rue est stressant, il y a des trous entre les pavés, même parfois des bouches d’égout ouvertes, les gens te crachent presque sur les pieds, les voitures ne respectent aucun feu… Au bout de quelques mois on s’habitue mais au final le stress revient et on a tendance à s’énerver pour un rien. Mais d’un autre côté c’est aussi ce qui fait “le charme” du pays, au moins on est dépaysé et le quotidien n’est pas banal. En plus la Chine évolue vite et se “civilise”, même si dans la plupart des endroits on part de très loin et il faudra encore pas mal d’années avant d’arriver au niveau de confort des autres pays riches.

Pollution en Chine, ville de Shenyang

Au Japon on a tout le contraire de la Chine. Les gens vivent dans le respect des autres et tout est fait pour faciliter la vie des gens. Les transports en commun fonctionnent comme une montre suisse, on ne se sent pas agressé par le regard des autres, on est toujours bien accueilli. On sent vraiment que les gens se donnent à fond dans tout ce qu’ils font. Un vrai plaisir. Une chose que j’apprécie beaucoup aussi est le fait que les magasins ouvrent tous les jours même le dimanche, et bien sûr il y a des combinis ouvert 24h/24 – 7j/7 partout ainsi que des distributeurs de boissons à chaque coin de rue (littéralement – même plusieurs). Autre chose bien pratique: la carte Suica (ou Pasmo) qui permet de circuler sur tous les réseaux de transport mais aussi de faire ses achats un peu partout. Du coup la monnaie devient de moins en moins utile et on gagne pas mal de temps. Bref, plein de petites choses viennent faciliter la vie au quotidien et tout ça mis bout à bout fait du Japon le pays le plus confortable pour moi. Question climat il fait un peu trop chaud et humide l’été pour beaucoup, et le pays connaît aussi une saison des pluies mais honnêtement ça ne gêne pas vraiment. Les typhons et les tremblements de terre (petits en général) sont aussi fréquents mais là non plus ça ne gêne pas le quotidien.

Mon classement:

1. Japon
2. Canada
3. France
4. Chine

Japon: 1 budget – 5 voyages (2)
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Japon: 1 budget – 5 voyages (2)

De Narita à Tokyo

Il est presque midi lorsque Jean-François G. Delatune débarque de son 787-8 Dreamliner, le dernier-né de Boeing, un petit bijou de confort et de technologie qui n’a pris feu que deux fois cette année et qui n’a connu qu’un seul atterrissage d’urgence malgré ses nombreux problèmes de fuite de carburant, de freinage, et de fissure de pare-brise [Ce billet est sponsorisé par Airbus]. Jean-François passe la douane sans encombre et se dirige, avec comme seul bagage son bagage à main, vers la zone des taxis. Après une bonne nuit passée dans l’avion il est frais comme un gardon et prend le temps d’apprécier chaque détail de l’environnement qui l’entoure: les panneaux lumineux en japonais, les distributeurs de boissons qui s’enchaînent, et les magazines érotiques bien en vue dans un petit kiosque à journaux. Arrivé devant un taxi la porte arrière du véhicule s’ouvre toute seule. Elle se refermera automatiquement également. Jean-François n’a jamais vu ça mais après avoir chassé tous les animaux au sommet de leur pyramide alimentaire, incluant l’ours blanc, le cachalot et le hibou Grand-duc Bubo bubo, il en faut plus pour l’impressionner. Il tend au chauffeur l’adresse du Park Hyatt Tokyo, l’hôtel qui a accueilli Bill Murray et la délicieuse Scarlett Johansson pour le film Lost in Translation. Le chauffeur connaît évidemment l’endroit mais rentre tout de même les coordonnées dans son GPS pour avoir les infos trafic. Une heure et quarante cinq minutes plus tard le taxi arrive à Shinjuku et se gare devant les portes de l’hôtel au milieu d’une forêt de gratte-ciel. Alors que Jean-François tend sa Visa Gold pour payer la course un portier vient déjà l’accueillir. [Taxi – 200€]

Ce que remarque tout de suite René Pantoufle c’est la propreté de l’aéroport. Les sols sont luisants et toutes les installations semblent neuves. Les jambes un peu engourdies son premier pas se fait en direction des toilettes où il compte soulager sa vessie. Mais avant qu’il ne puisse franchir la porte, Christine Lassèche, l’accompagnatrice, lui fait signe de ne pas s’éloigner du reste du groupe jusqu’au passage des douanes. René patiente de longues minutes et fait finalement tamponner son passeport. Il cherche alors désespérément les toilettes des yeux lorsque Christine annonce que les bagages tournent déjà sur les tapis roulants et qu’il ne faut pas perdre de temps à les récupérer. René est finalement le dernier à retrouver sa valise et il doit se diriger au pas de course vers son groupe qui s’éloigne déjà vers la sortie. C’est en Limousine que René Pantoufle rejoint son hôtel. Enfin, plus exactement en Airport Limousine Bus. En car en fait. Pour rejoindre le centre de Tokyo il faudra compter environ 2 heures. Concentré sur son problème de vessie et essayant d’ignorer les conversations de ses voisines qui parlent des chutes du Niagara et des inondations en Chine René a du mal à apprécier le paysage. Arrivé à l’hôtel Asakusa View Hotel, dans le quartier d’Asakusa, la distribution des clés des chambres prend une bonne grosse demi-heure. Pendant ce temps on propose à René un verre d’eau pour patienter. [Car – 0€ (inclus dans le prix du tour)]

Jeanne Toulemonde est enchantée de son voyage. Depuis l’escale à Dubaï elle s’est retrouvée à côté d’un charmant jeune homme avec qui elle a discuté des heures de son dernier voyage entre Istanbul et Ankara. Elle sent déjà qu’elle va rencontrer plein de gens intéressants et passer des moments merveilleux au Japon. Après avoir passé l’immigration et récupéré sa valise, Jeanne se rend au Centre de services de voyage JR EAST pour aller chercher son JR Pass, un forfait qui lui permettra d’utiliser librement un grand nombre de transports dans Tokyo et à travers le Japon durant les 3 semaines de son voyage. Grâce à son précieux sésame Jeanne peut maintenant se diriger vers son hôtel en utilisant le Narita Express (N’EX pour les intimes), un train rapide en forme de sous-marin militaire qui relie l’aéroport aux plus grandes gares de Tokyo. Confortablement installée elle parcourt simplement la distance qui sépare l’aéroport du quartier de Shibuya en à peine une heure et vingt minutes. L’hôtel qu’elle a choisi, le Shibuya Excel Hotel Tokyu, se trouve juste à côté de la station de trains, tout près du célèbre Shibuya Crossing. [JR Pass – 430€]

À son arrivée à l’aéroport de Narita Vincent Gétudi est crevé. Alors qu’il pensait s’endormir devant un bon film dans l’avion la fille assise à côté de lui depuis la dernière escale n’a pas arrêté de lui casser les couilles avec son voyage en Turquie. Avant même de passer l’immigration et de récupérer sa montagne de valises Vincent se précipite aux toilettes. Il marque une pause avant d’entrer et prend sa première photo du Japon. Celle du panneau des toilettes qui montre qu’elles sont équipées de tables à langer pour les bébés, mais aussi pour les vieillards . Ravi d’avoir fait un gros caca dans les toilettes propres et high-tech dont il a tant entendu parler Vincent Gétudi peut enfin se concentrer sur la façon de regagner son logement à Ikebukuro. Pour regagner le centre-ville Vincent a choisi lui aussi le Narita Express. Il change quelques centaines d’euros en yens et achète son billet de train en profitant de la promotion “Suica & N’EX package“. En rajoutant ¥390 au prix du billet de train il obtient une jolie carte Suica d’une valeur de ¥2 000 qui lui permettra d’effectuer plusieurs déplacements sur n’importe quel réseau de transport de la capitale. Après 90 minutes il arrive dans l’immense gare et peine à trouver la sortie Est où l’attend quelqu’un qui va l’accompagner à sa guest-house. [N’EX + Suica – 26€]

Frédéric Danladèche arrive entier au Japon. Finalement le voyage avec Aeroflot n’était pas si mal. Frédéric n’a pas besoin de passer par la case toilettes car il s’en est donné à cœur joie dans l’avion en pensant que chier à 900 km/h et à 10 km du sol c’était ça le vrai progrès. Quelques dizaines de minutes après avoir quitté l’avion Frédéric reçoit sans problème le coup de tampon qui lui donne le droit de rester une année complète sur le sol japonais. Dans la foulée il fait faire sa carte de résident par les services d’immigration de l’aéroport, carte qui lui servira de pièce d’identité obligatoire pour effectuer n’importe quelle démarche administrative au Japon. Pour regagner sa guest-house Frédéric Danladèche choisit l’option la moins chère, le train de la ligne Keisei qui relie Narita à Nippori pour ¥1 000. Le train est bondé et les 1h15 de trajet lui paraissent une éternité. De Nippori Frédéric prend ensuite un train pour Shinjuku. Là, il galère 45 minutes comme un gland avec ses grosses valises pour trouver dans la plus grande gare du monde le train qui va l’amener à Musashi-Koganei, une station un peu éloignée du centre mais où il a trouvé le logement le moins cher à Tokyo. Jamais il n’a été entouré d’autant de monde mais jamais il ne s’est senti aussi seul. Enfin arrivé à destination Frédéric se débat avec un téléphone public à pièces et son anglais rudimentaire pour prévenir le personnel de la guest-house qu’il est arrivé. Il attend. [Train – 11€]

À suivre…

Réussir son Working Holiday
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Réussir son Working Holiday

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Le Working Holiday (WH) est un type de visa permettant de séjourner au Japon durant 1 an et comme son nom l’indique il autorise son détenteur à travailler sur place. Vous trouverez un article détaillé suivi de 22 pages de questions et réponses sur le Forum, les infos datent un peu mais doivent être encore valables en majorité.

Le but de cet article n’est pas d’expliquer ce qu’est un visa WH ou comment l’obtenir mais de donner quelques conseils permettant de profiter au maximum de son séjour au Japon avec ce visa. Étant parti moi-même un an au Japon en WH je me base d’abord sur ma propre expérience mais aussi sur celles d’autres personnes dans la même situation que j’ai rencontré.

Le WH est un visa formidable mais on ne peut l’obtenir qu’une seule fois et pour un an maximum. C’est une chance unique de partir vivre au Japon alors autant ne pas la rater.

La première chose qu’il faut se mettre dans la tête c’est qu’un an c’est très court. Surtout si on compte se servir du WH comme voie d’accès pour rester au Japon plus d’un an. En effet beaucoup partent avec l’espoir de trouver un travail sur place qui leur permettra de décrocher un visa de travail et donc de rester plus longtemps au Japon.

Tout commence par une bonne préparation avant de partir. Ça peut paraître logique mais je vois parfois des gens venir comme s’ils arrivaient en vacances, avec 3 sous en poche et sans parler un mot de japonais. En général ils ne restent pas très longtemps et ne profitent pas au maximum de leur expérience car ils économisent un maximum pour rester plus longtemps et rencontrent assez peu de personnes à cause de la barrière de la langue.
L’idéal c’est de pouvoir partir avec un bon diplôme, voire de l’expérience professionnelle, en ayant déjà un bon niveau de japonais et en ayant une somme d’argent assez confortable.

L’argent. Pour obtenir un visa WH il faut prouver avoir au moins 4000€ sur son compte ou 2500€ et un billet d’avion de retour. Avec 2500€ on ne tient pas longtemps au Japon. Disons deux mois, peut-être trois en restant dans sa chambre à manger des nouilles tous les jours (déjà vu). 5000€ à 6000€ ça me paraît déjà une somme plus correcte pour partir. Mais plus c’est encore mieux. Pensez que vous n’allez pas seulement vivre au Japon mais peut-être que vous aurez aussi envie de voyager dans l’archipel ou les pays voisins. Vous voudrez faire des achats et sortir. Tout ça coûte cher.

Le japonais. Là-dessus chacun son style. Si vous voulez partir à l’aventure sans parler un mot de japonais et tenter la débrouille en apprenant quelques mots sur place pourquoi pas. Les moins timides arriveront toujours à trouver des amis et au pire vous pouvez rester entre étrangers ou avec des Japonais qui parlent anglais ou français. Mais avouez que passer un an dans un pays sans parler la langue, c’est louper énormément de choses. Mon conseil c’est de se mettre au japonais très tôt, même si on n’est pas sûr de partir un jour, plus on en connaît et plus ça sera facile et intéressant sur place. Trouver du travail sans parler japonais aussi n’est pas facile. Imaginez-vous chercher du travail dans votre pays sans parler français… Même pour faire la plonge dans un restaurant ou nettoyer des toilettes il faut pouvoir comprendre un minimum les ordres du patron non? Avec de la chance on peut trouver un petit boulot comme serveur dans un bar pour étrangers mais je ne vois pas trop ce qu’on peut faire d’autre. Distribuer des mouchoirs ou flyers dans la rue? Bien sûr tout ça peut être différent si vous avez un bon diplôme ou de l’expérience dans un secteur qui ouvre des portes au Japon.

Le diplôme. Si votre objectif est de trouver un bon boulot pour obtenir un visa de travail à la suite de votre WH un diplôme ou de l’expérience professionnelle est quasiment indispensable. Mieux vaut partir après avoir fini ses études donc. Il y a quelques années on pouvait trouver des places comme designer, illustrateur ou programmeur dans des entreprises jeunes et dynamiques. De bons boulots si on ne compte pas ses heures de travail. Aujourd’hui c’est devenu bien plus difficile et les entreprises japonaises embauchent très difficilement quelqu’un qui ne parle pas très bien japonais. Même un anglais parfait ne suffit plus dans la majorité des cas. Le chinois par contre est une langue qui ouvre un peu plus de portes.

Les contacts. Avant de partir essayez de vous faire un maximum de contacts. Lisez les expériences des blogueurs au Japon et posez-leur des questions, cherchez des correspondants japonais qui vous aideront éventuellement sur place dans vos démarches pour acheter un téléphone portable ou pour vous expliquer comment fonctionnent les trains etc. On gagne beaucoup de temps en rencontrant du monde sur place dès qu’on arrive. En choisissant un logement de type guest-house plutôt qu’un appartement on a plus de chance de rencontrer du monde dès son arrivée également.

Une fois sur place, la première chose à faire est de demander sa carte d’étranger (Alien card). Il faut le faire tout de suite, sans attendre, le jour de son arrivée ou le lendemain si possible. Sans cette carte on ne peut rien faire au Japon, impossible ou très difficile de chercher du travail, d’ouvrir un compte en banque ou d’acheter un téléphone portable. Or l’obtention de l’Alien Card prend environ 3 semaines donc ne perdez pas de temps pour en faire la demande. Ces 3 premières semaines seront nécessaires de toute façon pour vous habituer au Japon si vous découvrez le pays pour la première fois. Au début on peut être un peu désorienté et les petites choses du quotidien comme faire les courses doivent se réapprendre. D’ailleurs je conseille si possible de venir au moins une fois en vacances au Japon avant de venir en WH, vous aurez ainsi moins de difficultés à vous mettre dans le bain et ne perdrez pas de temps précieux au début de votre année.

Dès que vous avez votre Alien Card en poche votre premier réflexe doit être le téléphone portable suivi du compte en banque sans lesquels vous ne pourrez pas avoir une vie normale et trouver du travail. Ensuite direction l’agence Hello Work pour trouver un petit boulot ou recherche sur le net et les petites annonces pour un travail plus “sérieux”. Même si vous cherchez du travail dans une grande boîte japonaise pour décrocher un visa de travail ça n’est pas une mauvaise idée de chercher un petit boulot à côté au cas où. On trouve rarement un bon boulot du jour au lendemain surtout par les temps qui courent. Souvent il faut prendre le temps de se constituer un petit réseau et avoir un peu de chance.

Si votre WH avance et que vous n’avez toujours pas décroché de visa de travail il vous reste une option pour rester plus longtemps qui est le visa étudiant. Il permet aussi de travailler et peut durer 2 ou 3 ans. Seulement il faudra payer une école, école de langue par exemple, et y aller. Ça coûte assez cher en général et on en revient à la nécessité d’avoir de l’argent devant soi.

Si vous avez d’autres conseils ou des questions n’hésitez pas à les poser en commentaire.

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