Distributeurs nouvelle génération
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Distributeurs nouvelle génération

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image de japon.canalblog.com

Vous le savez peut-être le Japon est LE pays des distributeurs automatiques. On en trouve à chaque coin de rue en ville et même au milieu de nulle part à la campagne. Il y a quelques mois un distributeur de nouvelle génération à été installé dans une grande gare de Tokyo. Celui-ci est muni de capteurs capables de reconnaître l’âge et le sexe des utilisateurs et a machine propose ensuite des boissons personnalisées. Un café pour un homme dans le trentaine, une boisson fruitée ou gazeuse pour un enfant, un thé pour une grand-mère etc.

Après plusieurs mois d’utilisation il s’avère que ce distributeur est utilisé trois fois plus qu’un distributeur ordinaire. À mon avis les gens sont plus intéressés par la nouveauté que le service personnalisé en lui-même mais toujours est’il qu’encouragée par ces bons résultats la société qui gère les distributeurs “intelligents” a décidé d’en implanter une demi-douzaine dans la capitale dès cette semaine et prévoit d’en installer environ 500 d’ici le début 2011.

Au moins au Japon on a toujours l’impression que les choses évoluent.

Osechi ryôri
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Osechi ryôri

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Hier pour la première fois j’ai mangé un vrai osechi. Il s’agit du plat traditionnel japonais que l’on mange au nouvel an. Le osechi se présente sous la forme d’un bento de luxe présenté dans une boîte à 3 étages appelée jûbako. À l’intérieur on y trouve un assortiment de viande, poissons, légumes et autres préparations à base de pâte de haricot. Chaque aliment est préparé avec soin et à une signification particulière. Cette année je peux dire que j’ai jouer un rôle dans la préparation des osechi car durant le rush de fin d’année j’ai donné un coup de main dans l’entreprise de mes beaux-parents qui confectionne des légumes pour les bento et les osechi. Et j’ai pu comprendre que les légumes des osechi étaient coupés au millimètre et au gramme près. Un travail de folie.

Évidemment le osechi coûte assez cher, entre 200 euros et 500 euros, voir plus dans certains endroits. Et le goût des divers aliments est parfois spécial, rarement très bon.

Le soir du tremblement de terre (2)
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Le soir du tremblement de terre (2)

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Avant de me lancer dans les rues de Tokyo j'essaye de ma procurer une carte de la ville dans un combini mais naturellement elles ont toutes été vendues. Plusieurs personnes achètent des tas de nouilles instantanées comme s'ils envisageaient la fin du monde.
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Personne n'a l'habitude de se déplacer à pied sur de longues distances à Tokyo et on voit des gens chercher leur chemin devant chaque plan de quartier.
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Oubliez les plans. À l'heure du numérique tout le monde a le nez collé à son iPhone. Merci Google Map!
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Premiers dégâts rencontrés après 30 minutes de marche. Juste des tuiles cassées. L'endroit a déjà été signalé par des plots.
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Un peu plus loin ce restaurant a vu l'une de ses grande vitres voler en éclats. Déjà une dizaine d'ouvriers ont sécurisé le bâtiment.
Séisme – Les choses dont je vais me rappeler
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Séisme – Les choses dont je vais me rappeler

Vivre le séisme et tout ce qui s’en est suivi au Japon a été une expérience, vous pouvez vous en douter, unique et inoubliable. Parmi la foultitude de choses que j’ai vu, entendu ou resenti ces derniers jours certaines m’ont marqué plus que d’autres et voici ce que je pense que je n’oublierai jamais. Dans l’ordre chronologique:

Le séisme

Ou plutôt “les séismes”. Vivant au Japon depuis tout de même un certain temps je suis habitué aux séismes, enfin aux petits séismes. Le séisme qui a frappé le Japon le 11 mars était “un vrai”, une chose que l’on oublie pas. Étonnamment il ne m’a pas fait tellement peur, j’étais plutôt curieux et quelque part fasciné. En revanche les répliques qui ont suivies et suivent encore sont plus inquiétantes même si elles n’ont rien à voir en intensité. Je pense que les gens ici sont très loin de vivre dans la peur mais tout le monde a prit conscience que les gros séismes existent aussi. À chaque secousse on se demande un peu si elle ne va pas devenir plus grande, ou si une ville à l’autre bout du pays n’a pas été ravagée.

Les premières images à la télé

Les trois premières heures qui ont suivi le tremblement de terre je n’aurais jamais imaginé l’ampleur des dégâts causés dans le nord du pays. Ce n’est qu’arrivé à la gare après le travail que j’ai vu les premières images de vagues géantes qui emportaient tout sur leur passage. Je regardais la dévastation au milieu d’une foule silencieuse dans laquelle personne n’arrivait à détacher ses yeux de l’écran. Alors que dans les moments qui ont suivi le séisme j’étais excité d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel j’ai réalisé que des gens qui vivaient dans le même pays étaient confrontés à l’horreur et ça a été un petit choc. En un instant on prend conscience de plein de choses et on se sent comme lié avec les gens qui vivent la tragédie.

La traversée de Tokyo à pied

Privé de train le soir du tremblement de terre j’ai dû rentrer chez moi à pied comme des centaines de milliers de personnes. Voir les rues de Tokyo envahies par la foule, les trottoirs plein de monde et toutes les voitures à l’arrêt, et un souvenir unique. Tout le monde marchait dans la même direction avec les mêmes pensées en tête. On voyait des gens avec des casques ou des kits de survie et les cabines téléphoniques retrouvaient une utilité soudaine devant la saturation des réseaux de téléphone portable. La scène était vraiment surréaliste.

La télévision française

Comme tout le monde j’ai cherché le plus d’informations possible sur le séisme, les tsunami et le problème à la centrale nucléaire de Fukushima. J’ai été énormément déçu par la qualité des nouvelles françaises, à la télé d’abord mais aussi sur les grands sites de news sur internet. Toutes les images et tous les articles, du moins la majorité, présentaient une vision faussée des évènements et cherchaient visiblement à montrer uniquement le pire de chaque situation. Je n’étais déjà pas un grand fan des news française avant. J’avais entre autre connu un scénario un peu identique en 2008 quand j’habitais en Chine durant la période des manifestations anti-français. Les images qu’on voyait à la télé laissaient supposer que les français se faisaient lyncher dans la rue et j’avais même penser un temps à dire que j’étais canadien, suisse ou belge, mais j’ai finalement décidé de garder mon identité et les gens ont toujours été chaleureux avec moi partout ou j’allais, même à Pékin le coeur des soi-disantes protestations.
Cette fois les médias ont poussé le vice encore plus loin en jouant toujours plus sur le sentiment de peur et en décrivant des scènes, particulièrement à Tokyo, que je ne reconnais pas du tout et qui sont même carrément à l’opposé de la vérité dans certains cas.
Ça me déçoit énormément pour être honnête. Avec toute la technologie actuelle et le désire d’être informé des gens qui est plus grand que jamais tout le monde devrait pouvoir accéder à une information juste et de qualité.

Le départ des français

J’ai été assez étonné de voir le retour en France ou le départ dans le sud du Japon d’autant de français et d’étrangers en général. J’en veux particulièrement aux médias français et à l’ambassade de France d’avoir créer un climat de pression extrême sur les expatriés. Je ne pense pas que les japonais soient choqués de voir le départ des étrangers. Ils auraient certainement fait pareil dans un autre pays si la situation est inversée et je pense que tout le monde peut comprendre que l’on cherche à mettre sa famille à l’abri ou à s’éloigner du danger pour rassurer ses proches. Mais même si, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, je comprends très bien les personnes qui sont parties j’aurais aimé que les français ne cèdent pas à la panique aussi facilement et aussi rapidement. Quand on vit à l’étranger on essaye, en tout cas j’essaye, de donner une bonne image de son pays et on est fier quand la France fait parler d’elle de façon positive. Certe, vu de France le gouvernement français a peut-être rassuré certaines personnes en montrant qu’il avait les moyens de réagir en cas de crise et en montrant qu’il veut protéger chaque français même à l’étranger. Mais ici j’imagine que la réaction du gouvernement et des expatriés est surtout vue comme excéssive par beaucoup de monde.

Je le répète je ne pense pas que les japonais gardent une certaines rancoeur du départ précipité des étrangers mais celui-ci a tout de même été remarqué. Cette semaine dans le quartier français, une cliente de l’endroit où je travaille s’étonnait de voir encore un français ici et m’a fait part de sa pensé sur un ton plutôt amusé. J’aurais préféré qu’elle s’étonne plutôt de voir beaucoup de français rester. Les japonais ont réussi à montrer au monde entier qu’ils peuvent être fier d’être japonais, j’espère que, des des conditions moins dramatiques évidemment, les français pourront aussi un jour montrer aux autres qu’ils savent avoir les bonnes réactions au bon moment.

Les insultes aux expatriés

Alors qu’on est dans une période où les gens devraient comprendre que l’entraide, le sang-froid et la réflexion sont les meilleurs armes pour affronter un problème j’ai été parfois choqué de voir la réaction de certains internautes sur les sites francophones et particulièrement les insultes à l’encontre des expatriés au Japon. Certains étaient insultés parce qu’ils partaient, d’autres parce qu’ils restaient ou encore parce qu’ils exprimaient un point de vue différent de l’état d’esprit général. Heureusement ces messages se perdaient un peu un milieu des très nombreux messages de soutien et très honnêtement je ne suis pas si étonné d’avoir lu ce genre de réactions à droite et à gauche. Là encore je suis surtout déçu de l’espèce humaine si je peux dire ça comme ça. J’ai hâte que l’homme atteigne un nouveau stade d’évolution, de confort, ou d’éducation, ou il essayera par nature de comprendre son prochain plutôt que de l’insulter.

Saitama Super Arena

Alors que des dizaines ou centaines de milliers se retrouvent sans logement dans le nord-est du Japon des centaines ont trouvé refuge au Super Arena de Saitama, un genre de stade couvert. Je me suis rendu sur place avec ma femme pour voir si je pouvais aider en accueillant une famille chez moi durant un certain temps. Chose qui n’a pas été possible car les personnes vont être relogées ailleurs dans quelques jours, on ne sait par encore dans quelles conditions, et les responsables préfèrent qu’elles restent toutes au même endroit pour le moment. C’est plus facile pour les contacter, diffuser l’information, les déplacer etc.
J’ai réalisé plusieurs choses sur place. C’est la première fois que je voyais une scène de ce genre avec des centaines de personnes qui vivaient dans les couloirs de l’énorme complexe, et se genre d’expérience aide vraiment à prendre conscience de ce qui se passe. On se retrouve confronté aux images que l’on voit à la télé et la catastrophe prend un sens plus réel, plus personnel.
Cependant même si j’ai été touché, je n’ai pas été bouleversé ou choqué, j’ai même était plutôt rassuré. Je m’explique. Quand on voit les images à la télé on s’imagine le pire. Et souvent c’est pire. Je me rappelle avoir traversé le Sichuan, en Chine, juste après le grand tremblement de terre de 2008. Voir les montagnes coupées en deux sur des centaines de kilomètres et les villages totalement détruit remplacés par des camps de tentes étaient une image extrêmement frappante en vrai. À Saitama au contraire j’ai trouvé un endroit plutôt chaleureux. J’ai d’abord remarqué des cartons partout. Les couvertures et la nourriture arrivent abondamment si bien qu’on voit même des panneaux “ne donnez plus” car les volontaires ne savent plus quoi faire de ce qu’ils reçoivent. Les volontaires entre parenthèse qui étaient très nombreux et comptaient parmi eux quelques étrangers blancs. Chaque famille avait réussi à aménager son petit espace privé avec de petits murs (environ 70cm de haut) fait de carton. Les enfants avaient des jouets et s’amusaient entre eux, la nourriture et la boisson étaient en “libre service” pour les petits encas, et je crois que deux repas chauds étaient servis par jour. Des téléphones et ordinateurs étaient aussi à disposition. Et ce qui me paraissait le plus important c’est que l’endroit était bien chauffé et très calme.

Bien sûr je ne dis pas que les gens vivaient bien, souvent ils ont tout perdu et ils sont sûrement pour beaucoup dans le pire moment de leur vie. Ce qui m’a rassuré c’est la capacité d’organiser un espace vivable pour les gens aussi bien, le nombre de volontaires plutôt impressionnant et surtout le calme des gens. Mais malheureusement je pense que les victimes dans le nord du pays ne connaissent pas un hébergement aussi “confortable”.

Même la situation sur la prise en charge des victimes m’a un peu rassuré je sais que le plus gros reste à faire et que c’est à partir de maintenant que l’argent va être nécessaire pour permettre aux gens de reconstruire leur vie. C’est pourquoi je fais de petits dons régulièrement et je vous engage, si le coeur vous en dit, de faire de même si vous le pouvez. Le site de la Croix Rouge est un bon endroit pour ça.

Interview pour la télévision

Enfin la dernière chose dont je me rappellerai certainement, plus personnelle, est le fait d’avoir été interviewé pour une chaîne nationale à Akihabara. C’était ma première expérience devant une caméra. Les journalistes voulaient connaître le point de vue des étrangers sur la situation au Japon et l’image du Japon vu de l’extérieur. J’ai répondu à une bonne douzaine de questions pendant peut-être 10 minutes et en admettant que mon intervention passe à la télé je me demande bien quelle partie ils vont garder. Et j’espère que sur un sujet aussi sérieux je ne vais pas avoir l’air trop con ou un bout de salade coincé entre les dents.

Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (7)
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Vivre à l’étranger: France vs Japon vs Chine vs Canada (7)

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Logements

Partout on trouve tous les types de logement et ça n’est plus un problème de vivre confortablement dans presque toutes les villes du monde. La différence se situe surtout au niveau du prix. Le loyer et les charges liées au logement varient énormément dans chaque pays; mais pas que.

La France. Comme partout le prix du loyer varie énormément d’un endroit à l’autre. En général c’est quand même un gros poste de dépense qui prend entre 30% et 40% des revenus d’un ménage, voire plus. Pour un prix élevé les logements sont tout de même plutôt confortables en France comparés aux autres pays. Le gros problème en France c’est surtout l’accès au logement car dans chaque ville il faut vraiment chercher pour trouver quelque chose tellement les logements disponibles sont peu nombreux. Autre gros problème selon moi: les voisins très bruyants. J’ai beaucoup déménagé en France et j’ai presque toujours eu à faire à ce problème. En plus, les locataires d’un même immeuble sont très froids entre eux par rapport à d’autres pays (à peine un “bonjour”).

Le Canada. À Montréal c’est très simple de trouver un logement. Les loyers et les charges sont bien plus bas qu’en France et, au Québec, les cautions sont interdites. Concrètement on peut trouver un appartement bien placé dans la journée et signer les papiers le lendemain, voire même tout de suite. C’est du vécu (deux fois). En plus à Montréal c’est facile de ne pas être trop éloigné du centre-ville tout en étant dans un quartier résidentiel pas loin d’un parc. À Montréal par contre les appartements et les maisons sont souvent un peu “vieillot” et louer un appartement plus moderne coûte tout de suite assez cher. Dans les meublés ou semi-meublés les appareils électroménagers ont souvent l’air de venir des années 70 aussi, ce qui renforce cette impression de côté “vieillots”. Et toujours ce problème de voisins bruyants un peu partout j’ai l’impression.

Mon appart' au Canada - Le coin cuisine

Le Japon c’est un peu le top en terme de propreté et de modernisme. Presque à chaque changement de locataire les appartements sont rénovés et les tatamis changés. Pour vous donner une idée, quand j’ai emménagé il y a deux ans et demi j’avais l’impression de rentrer dans un appartement neuf, à un ou deux détails près. Pourtant l’immeuble date des années 70. En plus les appartements japonais sont très modernes même dans les pièces de type traditionnels. Généralement on règle la température de l’eau au degré près, toutes les lumières fonctionnent à la télécommande et ont trois niveaux d’éclairage etc. Un autre bon point est que l’on n’a jamais à faire au propriétaire, tout se fait par agence interposée. Par contre les logements sont chers et peu spacieux, même si personnellement je ne me plains ni de la taille ni du loyer de mon appartement. Ils sont aussi mal isolés (thermiquement parlant). Ce qui fait toujours mal aussi ce sont les mois de caution (souvent 2 mois de loyer), les frais d’agences (souvent 1 mois de loyer), et les cadeaux au propriétaire (souvent 2 mois de loyer) à faire quand on signe les papiers. Et là dessus, tous les deux ans, il faut encore verser de l’argent en plus au propriétaire. Mais le pire c’est qu’en tant qu’étranger on est confronté à un énorme difficulté qui est de trouver un Japonais qui se porte caution pour vous. Ça peut être l’entreprise dans laquelle on travaille par exemple. Dans mon cas c’est mon beau-père, car revenant de l’étranger ma femme n’avait pas encore travaillé plusieurs mois au Japon. Il faut aussi que le propriétaire accepte personnellement de louer à un étranger (l’agence lui demande si ça ne pose pas de problème – partout où j’ai visité les propriétaires étaient ok). Mais le grand plaisir c’est le voisinage. Je n’entends jamais un bruit et tout le monde se dit bonjour. Chez moi, quand on rentre le soir, on trouve parfois sur la poignée de porte un sachet de légumes déposé par la voisine, et quand quelqu’un emménage il sonne à chaque porte de l’étage pour se présenter et offrir un petit cadeau.

Mon appart' au Japon - Mon bureau (quand j'ai emménagé)

En Chine les appartements sont normalement assez pourris mais les étrangers peuvent souvent se permettre de loger dans des résidences assez haut de gamme sans se ruiner. À part bien sûr à Pékin, Shanghai et Hong Kong où tout coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs. Côté loyer c’est vraiment dérisoire en Chine. Comme je l’ai déjà dit, à Shenyang j’avais un 75m2 meublé, très bien situé pour 150 euros par mois. Je n’ai pas eu à payer de frais de caution mais l’équivalent d’un demi-mois de loyer en frais d’agence. L’agence pour ce prix s’occupait aussi de faire la liaison avec les propriétaires durant toute la période de location. Par contre je devais payer à l’avance par tranches de 6 mois (et normalement c’était même 1 an). En Chine tout se dégrade assez vite et même si mon appartement était assez joli avec une superbe vue sur la ville, ma belle résidence qui n’avait que 4 ans commençait déjà à tomber en morceaux. J’avais déjà des fissures aux murs et les pièces communes (hall, couloirs…) sans lumières et sans peinture faisaient penser à une prison. Les doubles portes, avec porte “blindée” à l’extérieur, comme on le voit souvent en Chine renforcent encore cette impression de cellule ou de bunker. Sur deux ascenseurs il y en avait presque toujours un en panne aussi, et ils étaient assez dégueulasses car les gens rentrent leur moto dedans pour les garer dans leur entrée… Mais évidemment avec juste un peu plus d’argent on atterrit dans un endroit plus propre, et pour le prix d’un loyer français normal on a une piscine et une salle de gym dans l’immeuble. Bref, en général on est confortablement installé pour pas trop cher. Paradoxalement aussi, la Chine est un pays extrêmement bruyant (les gens parlent très fort, tout le monde conduit au klaxon…) mais mon appartement était vraiment très calme.

Mon appart' en Chine - La chambre

Mon classement:

Pour résumer je trouve qu’il est plus agréable de vivre dans un appartement japonais qu’ailleurs mais à Tokyo ça coûte cher et c’est difficile de trouver quelque chose pour un étranger qui débarque dans le pays. Au Canada il est simple de trouver à se loger et ça n’est pas très onéreux en général, mais pour avoir le niveau de confort d’un appartement français ou japonais il faut mettre le prix. En France on trouve des logements équilibrés niveau prix/confort (à l’exception du centre de Paris je pense) mais c’est difficile de trouver quelque chose et on a souvent des problèmes de voisinage. En Chine on passe d’un extrême à l’autre en fonction de ses revenus mais les expatriés sont souvent bien logés, même si on est quand même souvent loin d’avoir le confort d’un appartement de France ou du Japon.

1. Japon
2. France
3. Canada
4. Chine

Permanent Resident Visa: le Saint Graal
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Permanent Resident Visa: le Saint Graal

Si vous suivez l’Instagram d’Ici Japon vous savez que le mois dernier j’ai eu mon visa de résidence permanente pour le Japon. C’est le visa ultime, celui qui permet de rester au Japon indéfiniment et qui permet, en théorie, d’y vivre avec les mêmes “avantages” qu’un Japonais.

Je sais que c’est difficile de s’y retrouver dans les différents visas que ça soit au Japon comme ailleurs et pour vous situer dites-vous que c’est le visa le plus difficile à obtenir, tout en haut de la pyramide des visas. À titre d’exemple voici dans l’ordre les différents visas que j’ai eus pour le Japon.

– Visa de tourisme

C’est le visa de base qui ne demande pas de formalités particulières et qui permet de rester 3 mois au Japon (6 mois pour les Suisses). Il est remis à l’arrivée à l’aéroport et se présente sous la fome d’un timbre collé dans le passeport. Il ne donne aucun droit à part celui d’être sur le territoire. Impossible de travailler avec, d’ouvrir un compte en banque, de prendre un abonnement quelconque etc. Par contre on peut s’en servir pour prendre des cours de japonais pour trois mois, c’est ce que j’avais fait lors de mon premier voyage.

– Visa Vacances-travail (working-holiday ou WH)

C’est un visa spécial, fruit d’un accord entre le Japon et certains pays, basé sur un “échange de jeunes”. Vous pouvez déposer un dossier pour le demander si vous êtes Français ou Canadiens, mais les Belges et les Suisses peuvent passer leur chemin. Il faut répondre à certains conditions financières et avoir moins de 30 ans lors de la demande. Ce visa n’est attribué qu’une seule fois par personne mais permet de rester une année complète au Japon et d’y travailler sous certaines conditions (on ne peut pas faire du commerce ou travailler dans certains milieux).
Grâce à ce visa on a vraiment l’impression de vivre au Japon et l’expérience est un millier de fois plus enrichissante que de venir simplement en touriste. Par contre on sent rapidement ses limites car il ne permet absolument pas de vivre au Japon sur du long terme.

Vous trouverez pleins d’infos sur ce visa sur Ici Japon, cliquez sur le mot clé “Working Holiday” à la fin de ce billet ou utilisez la zone de recherche en haut de la page.

– Visa d’époux de citoyen Japonais

Ma femme étant japonaise j’ai naturellement eu le droit à un “spouse visa”. Je peux vous dire que l’on est déjà très content quand on a ce visa. On peut quasiment tout faire au Japon comme un Japonais, à savoir travailler dans n’importe quelle branche, ouvrir sa boîte, avoir autant de comptes en banque que l’on veut, prendre des assurances etc.

Pour avoir ce visa il faut simplement être marié à un Japonais ou une Japonaise et prouver que ce n’est pas un mariage blanc. D’autres documents sont aussi demandés pour évaluer la situation financière et professionnelle du couple mais je ne saurais pas vous dire à quel point c’est pris en compte.

Ce visa est très bien mais tout de même un peu contraignant car il faut le renouveler régulièrement. Chaque année au début, puis chaque x années ensuite il faut refaire une demande en présentant ses fiches de paie et autres justificatifs qui montrent que l’on paye ses taxes etc. C’est lourd car ça revient vite et à chaque fois il faut se présenter deux fois au bureau de l’immigration (deux jours de foutus en l’air). La reconduction du visa m’a l’air d’être une formalité mais je ne sais pas si c’est automatique. J’imagine qu’il vaut mieux avoir un travail et pas d’ennuis avec la justice, et bien sûr il ne faut pas divorcer.

Au-delà des formalités à refaire sans cesse j’ai rencontré un gros problème avec ce visa. Étant donné qu’il est limité dans le temps il est impossible d’obtenir un crédit quel qu’il soit avec, ce qui devient vite gênant. Je sais que certaines entreprises refusent aussi d’employer des étrangers avec ce type de visa pour ne pas devoir former une personne qui risque d’être renvoyée dans son pays dans peu de temps (et ça peut se comprendre).

Bref c’est un visa qui permet de vivre au Japon mais jusqu’à un certain point seulement.

– Visa de résidence permanente

On y arrive enfin. Ce visa permet donc de rester au Japon sans limite dans le temps ! Au revoir les formalités et les inconvénients des visas limités dans le temps. Bonjour la possibilité de réaliser ses projets et la tranquillité d’esprit. La seule chose à faire c’est de faire renouveler sa carte de résidence tous les sept ans mais c’est un détail (c’est comme de renouveler sa carte d’identité).

Vous devez vous demander comment l’obtenir. Pour être honnête je ne sais pas s’il y a des règles précises et je connais peu de personnes ayant ce statut. Chaque dossier est regardé au cas par cas et je peux vous dire qu’il faut avoir passé déjà plusieurs années au Japon et avoir une situation stable pour avoir une chance de l’obtenir.

Ma situation personnelle. Lorsque j’ai fait ma demande j’étais au Japon depuis trois ans et demi avec un visa d’époux. Ma femme et moi avons un travail stable et des revenus très corrects (je suis entrepreneur et ma femme enseignante dans le public). Nous avons aussi un enfant, ce qui est certainement un gros plus. Je ne sais pas si le fait que je vienne au Japon régulièrement depuis 10 ans, dont une fois en WH pour un an, a été pris en compte ou non. J’ajoute que nous payons nos taxes, n’avions pas de crédit et avons tous les deux un casier judiciaire vierge. Je pense que ces derniers éléments ne sont pas négligeables.

En gros pour obtenir ce visa il faut quelques années, une situation stable et être un bon citoyen. Vous n’êtes pas obligé d’être marié à un(e) Japonais(e) pour le demander, vous pouvez aussi avoir un visa de travail ou avoir fait de longues études au Japon, mais les conditions d’obtention semblent un peu plus sévères.

– Les autres visas

Histoire d’être complet je vous cite rapidement les autres visas connus pour le Japon. Les critères d’attribution et d’utilisation changent souvent et je vous engage à chercher plus d’informations sur les sites officiels comme sur le site du Ministère des Affaires Étrangères du Japon ou sur le site de l’Ambassade du Japon en France pour les Français.

Le visa d’étudiant permet de rester plusieurs années au Japon. Pour l’obtenir vous devez obligatoirement être inscrit dans une école (école de langue, université, collège privé…) et donc avoir pas mal de ressources financières pour payer l’inscription aux cours et supporter le coût de la vie au Japon. Ce visa permet de travailler un certain nombre d’heures par semaine mais pas assez pour vivre (même si certains travaillent plus que le nombre d’heures maximum quitte à en subir les conséquences).

Le visa de travail. Au même titre que le visa d’époux il vous permet de vivre de nombreuses années au Japon de façon normale. En revanche il n’est pas simple à obtenir et il ne permet pas de travailler dans une autre branche que celle dans laquelle vous travaillez au départ.

Le visa culturel est un visa de longue durée similaire à un visa d’étudiant à une grosse différence près: il ne permet pas de travailler. Il est destiné aux personnes qui veulent étudier la culture japonaise comme les arts martiaux, l’arrangement floral, la cérémonie du thé etc.

Les autres visas dont on entend le plus parler sont le visa de stage, le visa d’artiste, le visa d’affaires et le visa business (pour les grosses entreprises). Il y en a encore d’autres surtout destinés à certaines professions (chercheur, journaliste, médecin etc.).

Il y a le choix dans les visas donc, mais retenez que pour rester longtemps au Japon il faut le plus souvent de bonnes qualifications professionnelles ou pas mal d’argent de côté.

À lire: Tokyo Sisters
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À lire: Tokyo Sisters

Tokyo Sisters Ici Japon a été contacté par les auteures du livre “Tokyo Sisters – Dans l’intimité des femmes japonaises” qui est sorti il y a quelques semaines. Nous aimerions bien pouvoir faire une critique de l’ouvrage mais nous n’avons malheureusement ni le temps ni es compétences pour ce genre de chose. Tout ce que nous pouvons faire c’est mentionner son existence.

Ce livre sur les japonaises de Tokyo réunit des chroniques basées sur une centaine d’interviews et parle aussi bien d’éducation, de religion que de confusion des sentiments.

Sur le net nous n’avons pas vu une seule critique de lecteur négative sur ce livre mais au contraire un bon paquets d’éloges décrivant Tokyo Sisters comme un livre incontournable, facile à lire, et bourré à la fois d’humour et d’informations.

Si vous aimez découvrir sur la société japonaise Tokyo Sisters a l’air d’être une valeur sûre. Si vous l’avez lu vos critiques sont les bienvenues en commentaires.

Nouvel An dans un temple shinto
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Nouvel An dans un temple shinto

Je fais parti du groupe qui s’occupe de l’organisation des évènements qui se déroulent au temple shinto du quartier, et dans la nuit du 31 décembre je suis allé aider pour la préparation du Nouvel An.

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Au Japon chaque quartier a son temple shinto, c’est l’endroit qui abrite le dieu qui veille sur les habitants.

Les japonais en général n’ont pas de religion mais suivent des règles venant aussi bien du Bouddhisme, du Shintoisme et du Christianisme. Et dans la nuit du Nouvel An, ainsi que dans les premiers jours de l’année, les japonais se rendent au temple bouddhiste ou shintoiste pour prier. Ils peuvent se rendre dans un grand temple ou dans le temple de quartier, voir les deux.

Cette année environ 650 personnes se sont déplacées au temple shinto de mon quartier. L’ambiance était très spéciale et bien loin des fêtes “3… 2… 1… Bonne Année!”

Les premières personnes sont arrivées vers 23h30 et ont commencé à constituer la file d’attente devant l’autel du temple. Les prières ne commencent pas avant minuit pile. Le temple était plongé dans l’obscurité, éclairé presque uniquement avec des bougies. À minuit pile, dans un silence total, le passage à la nouvelle année a été marquée par 4 coups de tambours. Aussitôt les personnes ont commencé à prier, deux par deux. Le rituel consiste à jeter de l’argent dans une urne avant de sonner une cloche à l’aide d’une grosse corde. Ensuite on s’incline et on tape des mains plusieurs fois avant de dire ses souhaits pour la nouvelle année. Le tout ne prend que quelques secondes.

Les personnes qui se sont déplacées au temple se voient remettre un porte bonheur à leur arrivée, et avant de partir elle peuvent boire un thé chaud ou un verre d’alcool, et se réchauffer autour d’un feu au milieu de la cour.

Voici quelques photos de la nuit:

Le soir du tremblement de terre (3)
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Le soir du tremblement de terre (3)

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Dans la rue on ne voit plus les installations anti-sismiques du même oeil. Ici les piliers d'un pont.
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Cette station de métro comme toutes les autres a été condamnée. J'ai vu aux infos que certaines avaient ré-ouvert pour accueillir des gens durant la nuit.
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Ce panneau indique au moins 1h30 de bouchon. En fait c'est bien plus que ça. Mon beau-père qui était en voiture dans le même coin que moi au moment du séisme a passé toute la nuit dans son véhicule. Je plein ceux qui ont choisi l'option taxi pour rentrer et qui ont payé une fortune pour ne pas avancer.
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Les stations de bus sont prises d'assaut par les gens qui habitent trop loin pour rentrer à pied
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Dans les bus ça a l'air d'être l'enfer. Les gens sont entassés alors que les véhicules restant à l'arrêt. Au bout d'un moment les bus se sont tout de même complètement vidés. J'ai demandé à un chauffeur pourquoi. Il me répond qu'il n'a pas bougé depuis deux heures.
Shiohigari à Futtsu
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Shiohigari à Futtsu

Aujourd’hui c’était dimanche en famille, direction la mer, à Futtsu, dans la province de Chiba. Et l’attraction de la journée était la pêche au mollusque, on appelle ça “shiohigari” en japonais et c’est une attraction très prisée, surtout par les familles avec des enfants.

C’était ma première expérience du genre au Japon et j’ai eu pas mal de surprises en voyant l’endroit choisi pour l’activité. À environ 100km de Tokyo je m’attendais à un endroit assez calme surtout qu’avec la Golden Week (congé national) il ne devait pas y avoir grand monde. J’ai découvert un endroit petit, surpeuplé et en plus payant. ¥1600 par personne (environ 13€) et pour le prix on ne peut ramener “que” 2kg de mollusques par personne. Je voyais ça comme une activité nature tranquille et je suis tombé dans le truc typiquement japonais, tout organisé et plein de monde. Même les mollusques sont implantés artificiellement.

J’ai eu un peu de mal à m’y mettre mais finalement je me suis pris au jeu et je me suis bien amusé. Il y a deux sortes de mollusques à trouver appelés asari (ne me demandez pas le nom en français) et, plus rares, les hamaguri que l’on connaît sous le nom de palourdes. Il y avait des petits mollusques à la pelle, il suffisait de plonger la main dans l’eau pour en sortir parfois une dizaine, mais les palourdes étaient difficiles à trouver et c’était le but de tout le monde d’en collecter le plus possible.

Au final bonne journée donc qui s’est conclue avec un BBQ. Je repars avec mes premiers coups de soleil de l’année et les ongles en morceau genre Saw mais je conseille de tenter l’expérience si vous en avez l’occasion.