Le bonsaï et l’art du bonsaï

L’art du bonsaï consiste à miniaturiser harmonieusement des arbres mis en pot, d’où son nom, bonsaï, qui signifie "arbre en pot". Cependant, cet art n’est pas qu’une contemplation de la nature miniaturisé.

Il demande une implication personnelle ; il s’agit de tout un travail, respectueux des lois de la nature. Le bonsaï peut-être comparé à une sculpture vivante en constante évolution. Il demande à être régulièrement rempoté dans un mélange terreux exigé par l’espèce, à être fréquemment taillé, en période végétative, à être nourri en engrais, à recevoir des arrosages dosés et à être situé dans des lieux où il s’épanouira.

Qu’il soit planté en solitaire, en forêt ou en paysage, le bonsaï réussit ce paradoxe de créer une immensité dans un petit espace. Il permet ainsi une évasion de l’esprit.

L’histoire du bonsaï

Du Japon à l’Europe

Bien que ce soit du Japon que proviennent les bonsaïs que nous connaissons, c’est en Chine que cet art a pris naissance, il y a très longtemps ( à peu près deux cents ans avant J.C). Les Chinois avaient déjà créé des jardins qui devaient représenter, en miniature, des paysages, des provinces, voire l’empire tout entier. C’est ainsi que les jardins du fameux palais d’été contenaient des rochers représentant des montagnes, des canaux pour les rivière, des étangs pour l’océan etc…

De là à passer à la miniaturisation des arbres, il n’y avait qu’un pas à faire. A l’origine, pas question de technique : on repérait un arbre à son goût ayant poussé dans des conditions très dures, et on essayait de le transplanter, en pleine terre ou dans un pot. C’est cette dernier méthode qui marcha le mieux et qui fut la plus utilisée. Les arbustes sauvages naturellement pittoresques faisant défaut et reprenaient difficilement. L’idée de les créer de toutes pièces arriva très rapidement. Cette technique, toujours utilisée, fut importée par les Japonais, ces copieurs de génie, vers le 8eme siècle de notre ère (chez nous, à l’époque de Charlemagne). A partir de cette époque, l’art du bonsaï était né et devait atteindre des sommets qu’il n’avait jamais connus en Chine où les arbres miniatures, restent très différents.

Réservé à l’origine à une classe de privilégiés, cet art ne devait devenir populaire qu’à la fin du siècle dernier.
Actuellement, l’engouement a énormément baissé et ne rencontre plus qu’un enthousiasme modéré dans la jeunesse. Heureusement, les pépiniéristes de bonsaï, après s’être regroupés dans le village d’Omiya près de Tokyo, ne demandaient qu’à conquérir le marché occidental.

Ils sont en train de réussir au-delà de toute espérance et, bien qu’une production européenne s’implante de plus en plus fortement, on mettra sûrement du temps à nous passer des Japonais^^.

Le bonsaï en Europe

On ne s’est pas éveillé bien tôt à l’art du bonsaï. Marco Polo en a, semble-t-il, eu connaissance puis, au 18ème siècle, les jésuites envoyés en Chine et au Japon.

Quelques arbres ont même atteint l’Europe où ils sont morts, par manque de soins. Il a fallu attendre l’Exposition Universelle de 1878 à Paris pour que l’on puisse voir les Japonais nous présenter de beaux sujets en parfait état. C’est à la suite de cette présentation qu’Albert Kahn en fit installer dans les jardins qui portent son nom à Boulogne-sur-Seine. Ils étaient encore en place il y a quelques années. Les rang de cette belle collection ont été réduits par des pillages.

Cependant, l’intérêt pour cette culture singulière est resté le fait de quelques amateurs jusqu’à ces dix dernières années environ. Puis sont apparus, ça et là, quelques bonsaïs dans les magasins de rares marchands. D’abord timide, le mouvement s’est accentué et les amateurs se sont déclarés, de plus en plus nombreux, au point que l’on trouve même des bonsaïs (du moins ils sont appelés comme cela) dans les grandes surfaces.

Mais qu’est-ce que nous devons en penser? Que nous nous japonisons? Certainement pas. L’art du bonsaï représente au Japon l’harmonie de l’homme et de la nature et revêt un caractère quasi religieux ou du moins très philosophique. Sans aller jusque-là, notre intérêt, de plus en plus vif pour tout ce qui nous rapproche de la nature qui nous entoure, et la volonté d’échapper à une vie trépidante devaient nous conduire inévitablement à cet art.

Il faut aussi reconnaître que l’aspect parfait des bonsaïs, leur faible encombrement et le fait que l’on peut facilement les manipuler représente un avantage certain pour ceux qui ne peuvent pas disposer d’un jardin.

On peut très certainement constater, avec une certaine surprise, que se sont les hommes qui s’intéressent à cet art! C’est en tous cas le cas au Japon pour des raisons sociales complexes mais, chez nous, rien ne justifie cela.

Un bonsaï au Moyen-Âge?

Bien que le bonsaï tel que nous le connaissons ait été introduit depuis Japon, les arbres en pots existent depuis fort longtemps chez nous, puisqu’on peut les retrouver dans des gravures de scènes champêtres remontant au Moyen-Âge. Surtout répandus au sud de la Loire, ils faisaient partie d’un traditionnel jardin de simples. Il s’agissait, le plus souvent, d’arbustes romantiques très appréciés à l’époque, mais des personnes ont cru reconnaître un pommier dans certaines de ces illustrations.

Sans le savoir, on est peut-être donc en train de renouer avec une tradition venant…de chez nous!

Le plus vieux bonsaï du monde

C’est un Pinus Parviflora qui daterait de 1500 et qui est visible au Takagi Bonsai Museum de Tokyo.

Suite: Le bonsaï – partie 2 (les styles)

Auteur: lalain

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