Les premiers objets en laques apparaissent en Chine, aux alentours de 1000 avant J.-C. La technique ne parvient pas au Japon avant le Vème siècle av J.-C.
On parle de « la laque » quand il s’agit de la matière, mais on dit « l’art du laque ».

La technique

La laque est en fait un latex issu d’arbustes de la famille des Térébinthacées, communément appelé « arbre à laque ». Au Japon, on utilise la sève de l’ « Urushi » ou du « Foasi ». On fait des encoches dans l’arbre, on en recueille la sève que l’on filtre ensuite à travers des linges pour l’épurer. Puis on chauffe la laque au soleil pour faire évaporer l’eau qu’elle contient. La laque est composée d’acide uruchique (85 %), de gomme (3 %), d’eau (9 %) et d’albuminoïdes (3 %).

Pour faire un objet en laque, il faut tout d’abord faire une âme en bois, en menuiserie. Très rarement on a utilisé du papier, du métal ou du bambou pour l’âme, mais le bois reste la matière la plus courante.
Ensuite, il faut apprêté l’âme, soit avec de la laque, soit avec de la colle animale. Puis on superpose les couches de laque. En général, une trentaine de couches, chacune devant être complètement sèche avant de mettre la couche suivante. Il faut savoir que la laque ne sèche que dans une atmosphère humide et à une température de 38°C à 44°C. Une fois sèche, la laque forme un film insoluble et sans pores.

La surface obtenue doit être parfaitement plane pour pouvoir ensuite recevoir le décor final fait d’huile végétale et de pigments. Enfin, il faut polir.

L’aspect des objets en laque est bien souvent noir, mais en fait ils sont plutôt brun-rouges, et plus ou moins translucides.

La décoration

Pour ce qui est de la décoration, on peut graver la laque, la peindre à l’or ou à l’argent, l’incruster de différents matériaux : ivoire, nacre, pierres, ambres gris, coquille d’œuf, etc. …
Le plus souvent on utilise de la feuille d’or jaune, mais aussi de l’or vert, rouge et blanc, en feuille ou en poudre. Bien souvent, on peint les détails à l’encre de Chine directement sur la feuille d’or.

Bien souvent, on fait des décors en relief, en rajoutant plusieurs couches de feuilles d’or.
Il faut être conscient que l’aspect actuel d’anciens objets en laque n’est pas le même qu’à l’origine. En effet, les couleurs passent et il faut s’imaginer des objets beaucoup plus en couleurs que de nos jours. (La même chose vaut pour tous les meubles en bois par exemple, qui pouvaient parfois être multicolores !).

Les imitations européennes

En Europe, on utilise très peu la laque véritable, dite « végétale ». À sa place, on utilise souvent des vernis gras (phormophénoliques). Mais on a utilisé des panneaux de laques pour faire des incrustations dans des meubles (commodes, bureaux etc.)

On a évidemment essayé d’imiter la technique de la « vraie » laque, notamment le « vernis Martin ». L’avantage de ce vernis Martin était qu’il coûtait moins cher que la vraie laque et il pouvait s’appliquer sur des surfaces arrondies, ce qui n’était pas possible avec les plaques de laques. Son inconvénient est qu’il est très sensible à l’eau.

L’exportation des objets en laques de Chine ou du Japon se faisait par l’intermédiaire des Compagnies des Indes.

Les artisans-maîtres les plus connus du Japon sont :

  • Naga Shige (1599-1651)
  • Kano Nao Nobu (1607-1650)
  • Kaji Kawa (mort en 1682)
  • Ta Tsuki Yei Suke (XIXème siècle)
  • Gonroku Matsuda (XXème siècle)
  • Katsutaro Yamazaki (XXème siècle)
  • Yomio Yoshino (XXème siècle)

Conservation

La laque craint la lumière et les trop grandes différences de température et d’hygrométrie (humidité). C’est pourquoi il faut surveiller l’évolution « climatique » des pièces ou des vitrines dans lesquelles des objets en laque sont conservés.

Sources

  • http://www.meublepeint.com
  • http://www.art-memoires.com
  • http://fr.wikipedia.org
  • http://www.chine-japon.com

Auteur: AudreyL

Une réponse à “Le laque japonais”

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