Tremblement de terre!
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Tremblement de terre!

Vous êtes tous au courant qu’il y a eu un tremblement de terre énorme au Japon aujourd’hui. Je rentre juste du boulot après 4h de marche, les transports en commun étant stoppés, et je n’ai même pas d’eau chaude pour pendre une bonne douche donc je suis crevé. Mais je vais bien et mes proches aussi.

Demain vous aurez un rapport complet sur le tremblement de terre avec photos et vidéos. Pour ce soir juste quelques mots si j’arrive à garder les yeux ouvert.

Le tremblement de terre était impressionnant. En fait il s’agit d’une vague de plusieurs secousses dont deux ont été assez grosses. La première grosse secousse a eu lieu un peu avant 15h et la seconde 30 minutes plus tard.Là il est minuit et demi et on ressent encore des secousses toutes les 20 minutes environ. Dehors l’atmosphère est très étrange. Les trains et métros étant arrêtés des centaines de milliers de personnes rentrent chez-elles à pied en marchant des heures. Dans la rue on ne ressent pas du tout les secousses alors que dans les bâtiments ça tremble dans tous les sens.

Tokyo a été plutôt épargnée et il n’y a pas de très gros dégâts matériels. Enfin rien de vraiment visible dans la rue mais j’ai vu aux infos que le nouvel aéroport près de la ville par exemple avait pris un sacré coup. Rien de comparable toutefois avec ce qui se passe dans le nord du pays où des tsunami avec des vagues de parfois 10m rasent des villes entières. Pour l’instant le bilan officiel et de 200 morts et des centaines de disparus mais en voyant les images on a l’impression que les victimes vont se compter en milliers.

Pour vous donner une idée de comparaison je ressens la même sensation que lors des attaques du 11 septembre à New York. Tout le monde est scotché devant les infos, personne ne sait si c’est fini ou si ça va continuer encore longtemps, de nouveaux endroits sont régulièrement frappés et le bilan des victimes s’alourdi petit à petit.

Demain je devais aller à une réception de mariage qui a été annulée car l’intérieur de la salle de réception a été saccagé par les secousses et de toute façon personne ne voudrait faire la fête ce jour là.

À demain pour plus de détails.

Mobilisation générale du Japon pour aider les victimes
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Mobilisation générale du Japon pour aider les victimes

Aujourd’hui on voit toujours autant d’images du séisme à la télévision mais de plus en plus les scènes d’horreur sont remplacés par des scènes de solidarité. Partout les gens se mobilisent pour récupérer des dons en argent ou en matériel pour aider les victimes de tsunami. Des gens acheminent des camions de couvertures dans le nord et les grandes compagnies lancent des opérations pour récolter de l’argent.

Sur Yahoo! par exemple près de 250 000 personnes ont déjà donné environ 3.5 millions d’euros. On peut suivre l’évolution des dons façon téléthon sur cette page.

Autre exemple l’opérateur téléphonique AU vend des fonds d’écran pour téléphone portable et reverse les bénéfices aux victimes.

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Côté aide internationale on a vu arriver des équipes de secouristes de Chine, Corée et États-Unis dans la journée.

La vie ne s’arrête pas à Akihabara
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La vie ne s’arrête pas à Akihabara

Le mardi 22 mars, 11 jours après le séisme, la vie ne s’est pas arrêtée à Akihabara, le quartier de l’électronique de Tokyo. Malgré la pluie et un jour de semaine il y avait bien des gens dans la rue et dans les magasins. Peu d’étrangers en revanche même si j’en ai vu deux ou trois (en général c’est plutôt des dizaines).

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Malgré la pluie on voit toujours du monde dans les rues.

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Le grand magasin d'électronique Yodobashi Camera n'a pas l'air de manquer de clients

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Loin de paniquer devant "la menace nucléaire" les gens continuent de faire du shopping.

Onagawa – 142 jours après le tsunami
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Onagawa – 142 jours après le tsunami

Après avoir traversé la ville en partie détruite d’Ishinomaki j’ai continué ma route vers le nord en direction de la ville portuaire d’Onagawa.

Onagawa a été frappée de plein fouet par une vague destructrice de 17m de hauteur qui s’est enfoncée dans les terres sur environ 1km, emportant tout sur son passage et faisant plus d’un millier de victimes.

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Ce qui frappe directement en arrivant sur les lieux de la catastrophe c’est le vide. Là où devraient se trouver des dizaines d’habitations on ne voit plus rien, juste des fondations et quelques débris. Débris qui il y a quelques semaines recouvraient le sol sur parfois plusieurs mètres de haut mais qui ont été collectés avec comme idée en tête de permettre la circulation des véhicules puis les premiers pas vers la reconstruction. Nous sommes dimanche mais les camions ne cessent de passer transportant toujours autant de décombres. Tout près une équipe de journalistes japonais fait un reportage sur le terrain rasé de ses maisons.

Suivant une petite route on arrive à l’hôpital situé en hauteur. De là on a un panorama incroyable sur l’ensemble du port. On voit des bâtiments de plusieurs étages totalement détruits, certains ont été couchés sur le sol sans se briser et transportés quelques mètres plus loin. Sur le toit d’un immeuble j’aperçois la toiture entière d’une autre maison. À côté de moi une brigade de pompiers assiste au même spectacle.

En ce déplaçant à pied au milieu des ruines on se rend encore plus compte de la force d’un impact occasionné par un tsunami. Par endroit le sol s’est enfoncé de plusieurs mètres sous le poids de l’eau. Des morceaux de route ont été déplacés, les immeubles les plus solides, qui de loin paraissaient avoir mieux résisté au choc, sont totalement dévastés eux aussi même s’ils sont restés debout. On imagine mal comment une personne aurait pu survivre ici. Partout les horloges qui n’ont pas été emportées sont arrêtées à la même heure.

Ci-dessous une vidéo de la zone portuaire d’Onagawa. Pour les photos suivez ce lien.

Problème de réapprovisionnement dans les combini
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Problème de réapprovisionnement dans les combini

Hier soir en voulant aller acheter un bento au 7 Eleven du coin j’ai trouvé des rayons vides dans le combini. C’est la première fois que je vois ça au Japon. Plutôt qu’une ruée vers les provisions je penche plutôt pour des problèmes d’approvisionnement car ce sont les produits frais uniquement qui étaient en rupture. J’ai tout de même trouvé de quoi faire un bon repas et j’ai craqué pour le jus de pêche One Piece histoire de faire sourire ma belle-famille au moins une fois dans la journée qui s’amusent de mon côté otaku.

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Plus de bento ni d'onigiri ou salade au 7 Eleven
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Désert également au rayon des pains et viennoiseries.
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Je trouve quand même mon bonheur avec des frites et du poulet. Et même du chocolat au goût gâteau au fromage, encore une nouveauté.
Illustrations du tremblement de terre par Rémi Maynègre
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Illustrations du tremblement de terre par Rémi Maynègre

web2011-3-11seisme-sendai01 Rémi Maynègre et un illustrateur et auteur de BD qui présente le Japon à travers une série d’aquarelles jolies et colorées. Les évènements des derniers jours l’ont poussé à peindre des tableaux d’une nature différente, représentant fidèlement des scènes du tsunami qui a ravagé le nord du Japon. Une manière pour lui d’exprimer sa solidarité avec le peuple japonais.

icon Ses illustrations sur le Japon

Séisme – Les choses dont je vais me rappeler
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Séisme – Les choses dont je vais me rappeler

Vivre le séisme et tout ce qui s’en est suivi au Japon a été une expérience, vous pouvez vous en douter, unique et inoubliable. Parmi la foultitude de choses que j’ai vu, entendu ou resenti ces derniers jours certaines m’ont marqué plus que d’autres et voici ce que je pense que je n’oublierai jamais. Dans l’ordre chronologique:

Le séisme

Ou plutôt “les séismes”. Vivant au Japon depuis tout de même un certain temps je suis habitué aux séismes, enfin aux petits séismes. Le séisme qui a frappé le Japon le 11 mars était “un vrai”, une chose que l’on oublie pas. Étonnamment il ne m’a pas fait tellement peur, j’étais plutôt curieux et quelque part fasciné. En revanche les répliques qui ont suivies et suivent encore sont plus inquiétantes même si elles n’ont rien à voir en intensité. Je pense que les gens ici sont très loin de vivre dans la peur mais tout le monde a prit conscience que les gros séismes existent aussi. À chaque secousse on se demande un peu si elle ne va pas devenir plus grande, ou si une ville à l’autre bout du pays n’a pas été ravagée.

Les premières images à la télé

Les trois premières heures qui ont suivi le tremblement de terre je n’aurais jamais imaginé l’ampleur des dégâts causés dans le nord du pays. Ce n’est qu’arrivé à la gare après le travail que j’ai vu les premières images de vagues géantes qui emportaient tout sur leur passage. Je regardais la dévastation au milieu d’une foule silencieuse dans laquelle personne n’arrivait à détacher ses yeux de l’écran. Alors que dans les moments qui ont suivi le séisme j’étais excité d’avoir vécu quelque chose d’exceptionnel j’ai réalisé que des gens qui vivaient dans le même pays étaient confrontés à l’horreur et ça a été un petit choc. En un instant on prend conscience de plein de choses et on se sent comme lié avec les gens qui vivent la tragédie.

La traversée de Tokyo à pied

Privé de train le soir du tremblement de terre j’ai dû rentrer chez moi à pied comme des centaines de milliers de personnes. Voir les rues de Tokyo envahies par la foule, les trottoirs plein de monde et toutes les voitures à l’arrêt, et un souvenir unique. Tout le monde marchait dans la même direction avec les mêmes pensées en tête. On voyait des gens avec des casques ou des kits de survie et les cabines téléphoniques retrouvaient une utilité soudaine devant la saturation des réseaux de téléphone portable. La scène était vraiment surréaliste.

La télévision française

Comme tout le monde j’ai cherché le plus d’informations possible sur le séisme, les tsunami et le problème à la centrale nucléaire de Fukushima. J’ai été énormément déçu par la qualité des nouvelles françaises, à la télé d’abord mais aussi sur les grands sites de news sur internet. Toutes les images et tous les articles, du moins la majorité, présentaient une vision faussée des évènements et cherchaient visiblement à montrer uniquement le pire de chaque situation. Je n’étais déjà pas un grand fan des news française avant. J’avais entre autre connu un scénario un peu identique en 2008 quand j’habitais en Chine durant la période des manifestations anti-français. Les images qu’on voyait à la télé laissaient supposer que les français se faisaient lyncher dans la rue et j’avais même penser un temps à dire que j’étais canadien, suisse ou belge, mais j’ai finalement décidé de garder mon identité et les gens ont toujours été chaleureux avec moi partout ou j’allais, même à Pékin le coeur des soi-disantes protestations.
Cette fois les médias ont poussé le vice encore plus loin en jouant toujours plus sur le sentiment de peur et en décrivant des scènes, particulièrement à Tokyo, que je ne reconnais pas du tout et qui sont même carrément à l’opposé de la vérité dans certains cas.
Ça me déçoit énormément pour être honnête. Avec toute la technologie actuelle et le désire d’être informé des gens qui est plus grand que jamais tout le monde devrait pouvoir accéder à une information juste et de qualité.

Le départ des français

J’ai été assez étonné de voir le retour en France ou le départ dans le sud du Japon d’autant de français et d’étrangers en général. J’en veux particulièrement aux médias français et à l’ambassade de France d’avoir créer un climat de pression extrême sur les expatriés. Je ne pense pas que les japonais soient choqués de voir le départ des étrangers. Ils auraient certainement fait pareil dans un autre pays si la situation est inversée et je pense que tout le monde peut comprendre que l’on cherche à mettre sa famille à l’abri ou à s’éloigner du danger pour rassurer ses proches. Mais même si, comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, je comprends très bien les personnes qui sont parties j’aurais aimé que les français ne cèdent pas à la panique aussi facilement et aussi rapidement. Quand on vit à l’étranger on essaye, en tout cas j’essaye, de donner une bonne image de son pays et on est fier quand la France fait parler d’elle de façon positive. Certe, vu de France le gouvernement français a peut-être rassuré certaines personnes en montrant qu’il avait les moyens de réagir en cas de crise et en montrant qu’il veut protéger chaque français même à l’étranger. Mais ici j’imagine que la réaction du gouvernement et des expatriés est surtout vue comme excéssive par beaucoup de monde.

Je le répète je ne pense pas que les japonais gardent une certaines rancoeur du départ précipité des étrangers mais celui-ci a tout de même été remarqué. Cette semaine dans le quartier français, une cliente de l’endroit où je travaille s’étonnait de voir encore un français ici et m’a fait part de sa pensé sur un ton plutôt amusé. J’aurais préféré qu’elle s’étonne plutôt de voir beaucoup de français rester. Les japonais ont réussi à montrer au monde entier qu’ils peuvent être fier d’être japonais, j’espère que, des des conditions moins dramatiques évidemment, les français pourront aussi un jour montrer aux autres qu’ils savent avoir les bonnes réactions au bon moment.

Les insultes aux expatriés

Alors qu’on est dans une période où les gens devraient comprendre que l’entraide, le sang-froid et la réflexion sont les meilleurs armes pour affronter un problème j’ai été parfois choqué de voir la réaction de certains internautes sur les sites francophones et particulièrement les insultes à l’encontre des expatriés au Japon. Certains étaient insultés parce qu’ils partaient, d’autres parce qu’ils restaient ou encore parce qu’ils exprimaient un point de vue différent de l’état d’esprit général. Heureusement ces messages se perdaient un peu un milieu des très nombreux messages de soutien et très honnêtement je ne suis pas si étonné d’avoir lu ce genre de réactions à droite et à gauche. Là encore je suis surtout déçu de l’espèce humaine si je peux dire ça comme ça. J’ai hâte que l’homme atteigne un nouveau stade d’évolution, de confort, ou d’éducation, ou il essayera par nature de comprendre son prochain plutôt que de l’insulter.

Saitama Super Arena

Alors que des dizaines ou centaines de milliers se retrouvent sans logement dans le nord-est du Japon des centaines ont trouvé refuge au Super Arena de Saitama, un genre de stade couvert. Je me suis rendu sur place avec ma femme pour voir si je pouvais aider en accueillant une famille chez moi durant un certain temps. Chose qui n’a pas été possible car les personnes vont être relogées ailleurs dans quelques jours, on ne sait par encore dans quelles conditions, et les responsables préfèrent qu’elles restent toutes au même endroit pour le moment. C’est plus facile pour les contacter, diffuser l’information, les déplacer etc.
J’ai réalisé plusieurs choses sur place. C’est la première fois que je voyais une scène de ce genre avec des centaines de personnes qui vivaient dans les couloirs de l’énorme complexe, et se genre d’expérience aide vraiment à prendre conscience de ce qui se passe. On se retrouve confronté aux images que l’on voit à la télé et la catastrophe prend un sens plus réel, plus personnel.
Cependant même si j’ai été touché, je n’ai pas été bouleversé ou choqué, j’ai même était plutôt rassuré. Je m’explique. Quand on voit les images à la télé on s’imagine le pire. Et souvent c’est pire. Je me rappelle avoir traversé le Sichuan, en Chine, juste après le grand tremblement de terre de 2008. Voir les montagnes coupées en deux sur des centaines de kilomètres et les villages totalement détruit remplacés par des camps de tentes étaient une image extrêmement frappante en vrai. À Saitama au contraire j’ai trouvé un endroit plutôt chaleureux. J’ai d’abord remarqué des cartons partout. Les couvertures et la nourriture arrivent abondamment si bien qu’on voit même des panneaux “ne donnez plus” car les volontaires ne savent plus quoi faire de ce qu’ils reçoivent. Les volontaires entre parenthèse qui étaient très nombreux et comptaient parmi eux quelques étrangers blancs. Chaque famille avait réussi à aménager son petit espace privé avec de petits murs (environ 70cm de haut) fait de carton. Les enfants avaient des jouets et s’amusaient entre eux, la nourriture et la boisson étaient en “libre service” pour les petits encas, et je crois que deux repas chauds étaient servis par jour. Des téléphones et ordinateurs étaient aussi à disposition. Et ce qui me paraissait le plus important c’est que l’endroit était bien chauffé et très calme.

Bien sûr je ne dis pas que les gens vivaient bien, souvent ils ont tout perdu et ils sont sûrement pour beaucoup dans le pire moment de leur vie. Ce qui m’a rassuré c’est la capacité d’organiser un espace vivable pour les gens aussi bien, le nombre de volontaires plutôt impressionnant et surtout le calme des gens. Mais malheureusement je pense que les victimes dans le nord du pays ne connaissent pas un hébergement aussi “confortable”.

Même la situation sur la prise en charge des victimes m’a un peu rassuré je sais que le plus gros reste à faire et que c’est à partir de maintenant que l’argent va être nécessaire pour permettre aux gens de reconstruire leur vie. C’est pourquoi je fais de petits dons régulièrement et je vous engage, si le coeur vous en dit, de faire de même si vous le pouvez. Le site de la Croix Rouge est un bon endroit pour ça.

Interview pour la télévision

Enfin la dernière chose dont je me rappellerai certainement, plus personnelle, est le fait d’avoir été interviewé pour une chaîne nationale à Akihabara. C’était ma première expérience devant une caméra. Les journalistes voulaient connaître le point de vue des étrangers sur la situation au Japon et l’image du Japon vu de l’extérieur. J’ai répondu à une bonne douzaine de questions pendant peut-être 10 minutes et en admettant que mon intervention passe à la télé je me demande bien quelle partie ils vont garder. Et j’espère que sur un sujet aussi sérieux je ne vais pas avoir l’air trop con ou un bout de salade coincé entre les dents.

Projet fou 5: Tokyo II
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Projet fou 5: Tokyo II

Encore un projet japonais démesuré mais peut-être pas si fou cette fois, ou du moins très sérieux. On sait tous, on n’arrête pas de nous le rappeler depuis le 11 mars, que Tokyo est une ville située dans une zone à risque. La région est régulièrement frappée par de gros tremblements de terre et on a déjà vu la capitale complètement ravagée. On sait que les gros séismes reviennent régulièrement et apparemment il y a des chances pour que le fameux Big One frappe Tokyo dans les années à venir. Pour se préparer à l’éventualité de voir sa capitale paralysée par un gros tremblement de terre le gouvernement japonais semble réfléchir sérieusement à la construction d’une ville artificielle, sorte de ville de secour, dans laquelle les politiques et les grandes entreprises pourraient se replier pour continuer à gérer le pays.

tokyo

Pour l’instant on semble être plus à l’état de l’idée que du réel projet mais de grandes personnalités comme l’ancien Premier Ministre Naoto Kan mettent déjà en avant les avantages d’un tel plan de replis. On a encore aucune estimation chiffrée ni même aucun de nom de code pour la ville. Les informations qui circulent sur le net font toutefois état d’une ville capable d’héberger 50 000 personnes et d’accueillir 200 000 travailleurs. Une petite Tokyo donc, dont le rôle sera de donner un environnement de travail opérationnel aux organismes du gouvernement et aux grandes compagnies, mais pas d’accueillir la population de l’actuelle capitale. On parle comme lieu de construction du site de l’aéroport d’Itami, dans le Kansai, près d’Osaka. Le site internet Wired.co.uk qui semble bien renseigné parle même de la construction d’une tour de bureaux haute de 652m.

On ne sait pas trop si l’on doit se réjouir que le gouvernement japonais soit prêt à envisager des mesures extrêmes pour assurer le bon fonctionnement du pays, ou bien s’effrayer de voir qu’il prennent l’imminence de l’arrivée d’un gros séisme tellement au sérieux.

Tokyo: dans l’attente DU tremblement de terre
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Tokyo: dans l’attente DU tremblement de terre

tokyo-armageddon Ce matin Tokyo a été secouée par un tremblement de Terre d’une magnitude de 5.3 – j’étais dans le train, je n’ai rien senti – 5.3 c’est déjà un chiffre assez important sur l’échelle de Richter, à cette magnitude un tremblement de Terre peut déjà causer des dégâts aux bâtiments.

Alors que dans certaines régions du monde ce genre d’évènement alimenterait les conversations pendant plusieurs jours, au Japon il passe totalement inaperçu. La Terre tremble plusieurs centaines de fois sur l’archipel et le pays a su s’adapter en construisant des bâtiments et structures qui savent résister à des séismes assez important. Les gens se sentent en confiance et on l’habitude de sentir la Terre bouger, et il faudrait bien plus qu’un tremblement de Terre d’une force de 5.3 pour inquiéter les japonais.

Oui mais voilà. Les tremblements de Terre plus gros arrivent aussi. Rarement certes mais régulièrement. Le dernier séisme à avoir marqué l’histoire du Japon remonte à 1995 lorsque la ville de Kobe a été touchée par une secousse de 20 secondes d’une magnitude de 7.2. Bilan: plus de 5.000 morts et 40.000 blessés, 80.000 bâtiments détruits et 300.000 sans-abri. 100 milliards de dollars de dégâts.
Et tout ça n’est rien à côté du tremblement de Terre qui toucha Tokyo en 1923 avec une magnitude estimée à 7.9 sur l’échelle de Richter. La catastrophe rasera en grande partie la ville et fera officiellement 141.720 morts. Beaucoup périrent dans des incendies ou des mouvements de panique.

Or on sait qu’un gros séisme se produira encore à Tokyo. Un tremblement comme celui de 1923 a un cycle de deux cents ans, mais d’autres d’une magnitude de 7 arrivent environ tous les 40 ans.
Tokyo est une ville bien préparée avec des immeubles aux normes anti-sismiques, un dispositif bien rôdé avec des messages d’alerte diffusés à la télévision ou sur les portables, des pompiers compétant et bien équipés, et une population avertie entraînée à réagir correctement en cas d’alerte. Mais cela sera t-il suffisant en cas de gros séisme? Peut-être pas.

En 2000 une estimation du gouvernement japonais chiffrait le nombre de victimes d’un tremblement de Terre d’une magnitude de 7 à Tokyo à 7 000 morts, 30 000 blessés et des millions de réfugiés. Les risques viennent de l’effondrement d’infrastructures comme les ponts, d’incendies avec des maisons construites autour d’une structure en bois, ainsi que des mouvements de foule. Une enquête de la Commission de prévention des désastres japonaise datant de 2008 conclue qu’en cas de catastrophe entraînant la paralysie des moyens de transports publics les gens se déplaceront à pied dans les rues au milieu d’une foule d’une densité de 6 personnes pas mètre carré. Des millions de personnes cherchant à regagner leur domicile pourraient être bloquées dans les rues pendant des heures. Un scénario incroyable mais qui se produira probablement dans les années à venir.

Jour 2 après le tremblement de terre (soir)
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Jour 2 après le tremblement de terre (soir)

À part la mini pénurie dans les supermarchés la journée d’aujourd’hui m’a paru plutôt normale à Tokyo. J’allais dire qu’il y a de moins en moins de secousses mais j’en ressens une juste au moment ou j’écris ces lignes.

Les trains circulent à nouveau normalement et les hélicoptères se font rares. Les rues sont calmes et dehors rien n’est inhabituel. Demain je recommence une journée de travail et j’aurais l’occasion de voir comment ça se passe dans d’autres quartier de la capitale mais vers chez moi R.A.S.

Ma femme a passé toute la journée au téléphone pour essayer d’organiser de l’aide au niveau du quartier. Le nord du pays a besoin de matériel comme des couvertures, du lait pour bébé ou des couches. Seulement personne n’est autorisé à emprunter l’autoroute sans un accord officiel ce qui rend impossible d’organiser une collecte sans le soutient de personnes haut placées.

Toute la journée j’ai écouté les nouvelles, qu’elles soient japonaises, françaises ou américaines. On ne sait pas si on doit être rassuré ou non quant aux chances que survienne un nouveau grand tremblement de terre, ou sur la venue d’un nuage radioactif au dessus de la capitale. Personnellement je ne suis pas trop inquiet et je vais entamer la journée de demain comme une journée normale en essayant de penser un peu à autre chose.

——–a

Juste au moment où je veux valider ce message j’apprends que Tokyo et toutes les préfectures alentours vont être privées d’électricité durant 3h par jour à partir de demain. Chaque jour la capitale sera donc paralysée durant 3h. Plus de transports, plus possible de travailler, plus d’internet… On repassera pour les journées normales.